
Note pour plus tard :
“Si c’est ça, siffla Suzie, j’aime autant qu’ça s’fasse sans moi”. Les deux autres la regardèrent interdits. “J’veux pas être mêlée à toutes vos salades, grommela-t-elle encore, j’y ai rien à voir là d’dans, moi”. Raymond qui la fixait toujours se leva lentement avec les gestes mesurés de celui qui va déchaîner sa violence. Suzie lut sa détermination et recula maladroitement d’un pas, se tordant presque la cheville quand son talon haut se prit pour un patin à glace. “Vous faites bien c’que vous voulez, hein, prononça-t-elle avec peine, moi ça m’dérange pas. Je dis juste que je quitte là et on n’en parle plus.” La voix profonde de Raymond tomba de sa gorge comme la lame de la guillotine : “On ne parle plus de quoi ?” Un frisson de décembre électrifia les vertèbres de Suzie. Elle articula cependant, sans conviction : “On ne parle plus de rien, voilà. C’est bien aussi comme ça. C’est joli le silence.” Il se fit alors, le silence, mais épais et gras, désolant, pas joli du tout. Suzie força un sourire fardé auquel Raymond ne répondit pas.
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