
Le colosse aux trop larges pognes
a bien du mal avec autrui :
quand il veut caresser, il cogne;
tout ce qu’il touche, il le détruit.
Du bout du doigt, en l’effleurant,
Il vide tout le dentifrice;
sa brosse à dent est en argent
mais elle tord à chaque service.
Toute sa vaisselle est brisée,
mosaïque de porcelaine,
il doit prendre son déjeuner
sur un épais plateau en chêne.
Et en sortant de sa maison,
chaque matin, sans y faillir,
il arrache la porte des gonds
puis la remet, dans un soupir.
Tableau de Asensio Julià, longtemps attribué à Goya.
Mercredi 24 octobre 2007 à 4:09
Je le connais bien. Le colosse parfois pleure. Il rêve de douceur et la coiffeuse l’accueille avec un sécateur. Il rêve de délicatesse et les gens qu’il croissent, passent entre ces jambes comme des fournis ne manquant pas, par peur, de lui faire des politesses.
Le géant pleure puis se console. Il se marre devant les petitesses de sa vie liées sa grandeur. Alors il marche gaiement la tête dans les nuages. Fatigué, il s’adosse à une montagne et attrape les alpinistes quasiment arrivés au sommet du mont d’à coté qui est enneigé. Ils les entend gueuler car (éh oui !) ce n’est pas la première fois qu’il le fait. Il prend les alpinistes chevronnés pour les redéposer délicatement un peu plus loin sur le rivage. Ainsi les collectionneurs de monts ont tout à recommencer. “Salaud !”
Personne ne l’a vu manger, le colosse. Moi je sais qu’il part prendre son déjeuné sur une île perdue sur laquelle l’homme a réintroduit des dinosaures, qui sont pour lui, en quelque sorte, des gros poulets.
Le géant…
Mercredi 24 octobre 2007 à 6:17
Merci d’avoir voleté de ce côté, Papi Yon, et d’y avoir déposé ces lignes inspirées.