
A l’observatoire des étoiles
L’observateur fin le teint pâle
Est un animal nyctalope
Avec un puissant télescope
Il scrute de son oeil ouvert
Les mystères de l’Univers
Photo Ange7, Séoul 2008.

A l’observatoire des étoiles
L’observateur fin le teint pâle
Est un animal nyctalope
Avec un puissant télescope
Il scrute de son oeil ouvert
Les mystères de l’Univers
Photo Ange7, Séoul 2008.

Notes pour plus tard :
Je n’ai pas fait pire depuis longtemps, voilà ce qu’il pensait tandis que ses yeux couraient comme des perdus sur la toile peinte, ses chemins de couleur, ses excès de fureur, l’œuvre, la pauvre œuvre, qu’il venait d’achever. Pourquoi le regard de l’après était-il si tranchant et comment pouvait-il négliger, occulter, le travail, la vision, du pendant ? Ses mains étaient retombées, lourdes et inutiles et tout son bras, le long de son corps, était comme du bois mort. Au vrai, c’est son cœur qui s’éteignait sous cette pluie froide. Son visage prenait, déjà, une teinte de marbre, seuls les yeux brillaient de fièvre et semblaient lancer des éclairs fous vers la toile comme pour la transpercer, la déchirer, la faire disparaitre. Le feu, les cendres ? C’était une idée.
Pour aller avec :
Photo (et tableau) Ange7.

Pas de grand graphiste ou photographe ce lundi, mais un chouette site recommandé par l’ami David W. :
Des mots inventés en grec de comédie et latin de cuisine, c’est très rigolo et participatif.
Infraction, un court-métrage de Christian Vandelet.
C’est pas nouveau-nouveau, mais ça roule bien, un dimanche matin.
En bonus, ce clip sympa de Stephan Eicher : confettis.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Le thaumaturge
Il change le vin en ivresse / Tourne en ridicule la messe / …
————————-———————————————

Nouveaux audios :
Photo ∑mª, Séoul 2007.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Le colonel (avec audio)
Le colonel avait au front / Un képi d’un vert plutôt sombre …
————————-——————————————————

La libellule de l’étang
Ayant bien fait trois fois le tour
Pensa qu’était venu le jour
De porter ailleurs ses élans
Elle connut d’abord la ferme
Où vivaient nombre d’animaux
Que le soir venu on enferme
Derrière des planches et des barreaux
Plus loin s’agitait un village
Habité par de bonnes gens
C’était pour elle un paysage
Que le ballet des paysans
Enfin arrivée en ville elle
Découvrit sa vraie vocation
Elle fut d’un peintre le modèle
Et elle aima ses créations
Photo Ange7, Icheon (Corée) 2007.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Flemme au foyer in (ABCDaire)
Elle est choyée dans le foyer, / Flanquée dans la flambée, / …
————————-————————————————

——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Ponction
Fichée, l’écharde n’a aucune intention de ressortir…
————————-———————————————

Proverbe :
Inspiration, aspirations, inspiration, disparition : c’est la respiration du poète.
Photo Ange7, Philippines (Madredejios) 2008.

A la clarté libératrice qui vient au relai de la nuit, on s’aperçoit parfois surpris que l’on marchait au précipice. Qu’à la faveur de l’ombre d’encre, et des pensers toujours troublés qui nous déchirent et sont nos chancres, notre voie avait divagué. Qu’en l’absence de toute lune pour guider nos pas indécis, on a filé droit dans la brune vers une menace inouïe. Et quand la lumière révèle que l’accident était si près, tout le corps alors d’effroi gèle à l’idée d’être oblitéré.
Mais dans le matin exhaussant, celui qui marche à rebours, celui qui s’est figé à temps pour voir dorer un nouveau jour gagne un espoir inentamé. Son cœur est purgé des chagrins et la foi du miraculé lui ouvre de nouveaux chemins.
Illustration Ange7.
Lundi en retard, mais voici tout de même : ak3d de la bien belle tri-di.

Et ne ratez pas le petit 3D motion
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Tant de sagesse
Chez le docteur, chaque tousseur a tendance à se croire le plus mal du couloir …
————————-———————————————
Le nouveau, film d’animation de 7min réalisé par quatre étudiants de l’ESMA : Fannny Dagoumel, Axel Graux, Antony Lacordaire, Gaelle Lefebvre
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Ecart
C’est rarement sur la route / que poussent les plus jolies fleurs / et il faut pour les voir toutes …
————————-———————————————

C’est navrant, j’ai pas gagné ce samedi à Romans, où j’étais festivalier.
C’est Dreamlita, sans souci, qui a ravi le jury.
Merci à tous les copains, aux lecteurs venus d’ailleurs, pour les votes et le soutien.
5h12, c’est très tôt, mais je poursuis le turbin.
A demain.
Photo : “Jacques Prévert au Mérode”.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : A col et à cri
Les os nucaux qui craquent encore, combien de rotations du menton, …
————————-————————————————

Sous le soleil rouge, posé rond sur la ligne d’horizon, en équilibre comme sur la corde d’un arc, la fragile embarcation de pêche montait et descendait au rythme gracile de vagues caressantes. À l’intérieur, un très vieil homme, la peau parcheminée, les mains fines et sèches, le cheveu long et blanchi, chantait en regardant fixement l’astre magnificent.
Il priait pour que la pêche soit bonne ; il implorait pour sa fille un homme, brave et qui la chérirait ; il ânonnait de vieilles rengaines dans une langue que lui seul, ou presque, déchiffrait encore ; de ses bras décharnés, il battait l’air avec mesure, donnant l’impression qu’il allait s’envoler ; il adorait, enfin, de toute la puissance magnétique de son coeur et toute la fugacité son être déclinant, la majestueuse et rougeoyante boule qui s’apprêtait à disparaître dans les flots.
La sereine cérémonie dura d’éternelles minutes.
Seul au milieu des eaux, balancé par un vent retenu et clément, le vieux pêcheur pleurait dans son bateau. Il pleurait la joie d’avoir vu encore une fois le soleil-roi prendre le long bain frais et sanguin de la nuit ; il pleurait tandis que les nuages bleus montaient prestes dessous la voûte céleste et couvraient, d’un voile pudique de mousseline, les brillantes étoiles, indécentes de beauté ; il pleurait débordant d’une gratitude inexprimable autrement.
Lentement, mais avec cette précision de mouvement que le grand âge accorde, il glissa la pagaie de bois dans l’eau qui miroitait et commença de ramer dans la nuit. L’eau s’échappait prise par le tournoiement en poussant de petits cris liquides, en perlant de minces rires de sirènes. Il progressait à la vitesse invisible de la vague, à la faveur des courants complices et sûrs qui le ramenaient vers la rive. De temps en temps, un poisson d’argent sautait hors de l’eau, brillait sous la lune, une seconde enchantée, avant de retourner à son élément premier. Chaque fois, le pêcheur le saluait d’un nom différent, Pierre-de-nuit, Goutte-suspendue ou Poisson-du-ciel. Encore, il sentit passer, sur ses rides profondes et dans ses cheveux attachés en queue de cheval, le murmure salé du vent sobre et nocturne, glissant sur la mer, agile comme un serpent, secret comme une tombe.
Le retour était moins fatiguant que l’aller pour le vieil homme, même si le bateau était à présent chargé de poissons odorants qui frétillaient au fond de la barque, respiraient le souffle épais de l’univers, s’en faisaient éclater les entrailles. Le geste rond et régulier du pêcheur donnait à son embarcation une grisante allure, et elle filait sur l’eau, gravant à peine son sillon, effleurant tout juste la surface bleu noir pâle, mélange savant des couleurs de la nuit, de la mer et de la clarté lunaire.
Bientôt, l’avant du bateau rencontra le ventre blanc de la plage qui se courba légèrement pour épouser sa forme. Empoignant solidement son filet, le jetant sur son épaule en une gracieuse courbe, le vieil homme se sentit rafraîchi par le contact de la pêche humide. Il sauta des deux pieds dans quelques centimètres d’océan où se reflétait en tremblant un tissu de ciel piqué d’or puis il se retira de l’eau comme on quitte une femme.
Ses pieds calleux s’enfonçaient dans le sable granuleux et sa lente marche formait un chemin creux de courbes droites et de courbes gauches, faiblement espacées, mais d’une régularité parfaite.
Il parvint au village le front humide et le dos trempé ; par les poissons plutôt que par l’effort. Avec douceur, il posa son filet sur le sol, à l’entrée de sa demeure et se faufila, sans bruit, jusqu’à sa couche. Il s’allongea, las, sur le dos, et tira sur ses yeux l’épais rideau du repos. Il plongea aussitôt dans un profond sommeil aquatique. Il ne prit ni le temps ni le cœur de penser, il avait un immense besoin de répit, une envie de nager dans les ténèbres, une faim dévorante de rêver.
Alors, comme chaque nuit, son esprit qui avait connu tant d’expériences, au-delà des trois îles, ses yeux qui avaient découvert d’autres visages, ses oreilles qui avaient été bercées de musiques étranges, tous ses sens l’enfouissaient à nouveau dans une vasque aux mille souvenirs, le royaume confus de l’imagination et de la divination, l’antre du passé et de l’avenir, qui se confondaient, hors l’âme, avec le présent, encore, il voyageait dans ces sphères colorées où il vivait des vies différentes, siennes sans être siennes.
L’air chaud fit perler une goutte de sueur à son front, qui glissa le long du sourcil pour être enfin une larme, au coin de son vieil œil sage…
Photo Ange7, Philippines 2008.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Lux mea itinere
Aux quatre bords de la lumière / j’ai chaviré par-dessus nord / …
————————-——————————————————

La belle brique rouge, aux angles si émoussés qu’elle en paraît ronde, à la terre cuite souple qui, tiens, s’enfonce légèrement sous la pression des doigts, la belle brique rouge que je fais rebondir sur le trottoir, tout le long du chemin.
La sonnette chaînette fait un bruit aigre de vaisselle qui brise.
Chaque marche mène au sommet de la Tour de Pise.
Le calme feutré s’abat comme brume épaisse, nous savons bien qu’il précède la tempête…
Sur le bureau, la lampe de verre émet, faible et floue, sa lumière à travers son abat-jour de verre, elle est mon soleil pâle et malade.
Le grand divan balance mollement, le grand divan est immobile, j’essaie en vain de basculer le grand divan.
La nuque dans un profond coussin, la tête dans les nuages, mon œil se fait perçant, mon œil, tu es longue vue.
Le grand chien de faïence, au nez droit sur le Cap Sud, aux oreilles dressées et pointues, à la large fourrure blanche et tendue, ô grand chien de faïence, mon vaisseau, voguons !
Chacun des livres de la bibliothèque, tant de tailles, tant de couleurs, les précieuses dorures, livres, vous qui renfermez des mondes prêts à nous sauter au visage, de tonitruants personnages, soyez mes coffres au trésor.
La cheminée béante, noire gueule d’enfer, la cheminée menace; son irruption est imminente, sa déferlante de lave couvrira toutes traces.
Il faut se protéger ! je saute sur un rocher de bois couvert de feuilles de bananier manuscrites, je saisis, coupe-papier, mon sabre et je mouline. L’équipage mutine, veut me maîtriser.
Je bondis, je vole : Pise, chaînette… océan.
Photo Ange7.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Au surmarché superréaliste
Duvet d’eider prêt à coudre / Assorti au baldaquin, / Impérial casaquin / Criblé de lapis en poudre / …
————————-——————————————————

Comme au creux de ma main
correspond la rondeur
de ton épaule douce
je te tiens comme pomme
appétissante aimée
Puis je froisse la soie
qui fait peau sur ta peau
et je la fais glisser
vers le sol abyssal
vertigineuse aimée
La chair exquise hâlée
qui s’offre à mon palais
est sucrée et suave
c’est le dessert d’un dieu
aimée délicieuse
Montage Ange7.

Je n’en peux plus, Pablo. Mes traits s’épuisent à suivre ta route. Un instant je crois t’entrevoir, au loin, sur ton vaisseau vapeur, sur ta fusée de faire. Tu travailles. Et comme lentement je me rapproche soudain tu accélères, de nouveau tu quittes la Terre. Géant, tu visites d’autres galaxies d’idées. Tu brises les vitrines du voir et de chaque éclat tu fais un projectile qui va se ficher dans la cible de la conformité.
Mais moi, Pablo, mon ami, comment trouver ta voie, sans le génie qui te hante, sans la folie impatiente de tout mettre à bas ? Je suis retenu par ces repères auxquels je crois, alourdi par mon savoir, je m’élance mais ne décolle guère.
Tu es un ouragan, Pablo, mais je suis trop pierre pour être emporté. De ma gravité, cependant, j’admire le tourbillon d’étoiles que tu soulèves au passage et qui éclairent comme flambeaux la route tracée de la liberté.
Photo Robert Doisneau, retouches Ange7
Daniel Everett est un photographe de la ville. Il aime le béton et les grands espaces vides.
La suite sur son site.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : J’ai descendu n’en mon jardin
Un souffle a passé, / il a entraîné / d’emblée la trémière /aux gouttes rosées…
————————-——————————————————
Alain Chabat est Gilles Gabriel : Flou de Toi.
Bon dimanche dans les années 80 !
Et en bonus, pour ne pas oublier Bruno Carette, un p’tit coup d’Zorro.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Oh! Ah! Cantonnier ! (avec audio)
Qui parle encore de cantonnier ? /Le long des routes on n’en voit guère / …
————————-————————————————

Nouveaux audios :
* deux histoires de miroirs *
Photo Ange7.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : A contrario
Le jardinier, saisit sa bêche, ab irato / Comme un dément, il frappe le sol avec haine / …
————————-——————————————————

tu es porté par la colère
et sur elle tu rebondis
comme le galet sur la mer
mû par ta seule frénésie
mais gare au retour sur la terre
gare au mal qui s’appesantit
car si tu crois avoir souffert
tu risques fort d’être surpris
sur tes épaules l’univers
va délester tout son fourbi
tu redeviendras cette pierre
retrouveras ton inertie
et pauvre caillou sans mystère
tu couleras sans faire un bruit
Illustration Ange7.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Par-devers soi
Ô ma magnanarelle, / Chaussons et tablier blanc / Grimpe au mûrier en chantant …
————————-——————————————————

Les rideaux sont tirés et rien ne tremble à l’intérieur. Seulement la poussière est traquée pour ne pas qu’elle se pose en linceul sur les choses. Le reste demeure docile. Le domicile est comme tu l’as laissé, un journal sur la table, dont la date m’est trop connue, du café prêt. Les armoires sont pleines de petits bouts de toi, les tiroirs retiennent encore tes secrets -je ne les ai pas même ouverts.
Je passe le jour ainsi, sur le porche, les mains dans les poches, scrutant qui s’approche et les nuits sur ton lit, habillé et en chaussures, prêt à sursauter au bruit de la clef glissée dans la serrure, à moitié sûr que tu reviendras.
Photo Ange7, Muuido 2008.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Toiles de chutes
Fil-à-fil, elle tisse, intersection, interstice, attention à l’artiste …
————————-——————————————————

Notes pour plus tard :
Nous arrivâmes tôt et le ciel, derrière la fine crête de la colline voisine, était d’un blanc de sépulcre, à peine griffé de très fins nuages grisâtres qu’un vent matinal avait allongés indéfiniment, comme par jeu. Nos sacs étaient lourds et nous les posâmes un instant. Nos narines s’emplissaient de l’air froid du mois d’avril et nos poumons se glaçaient de cette fraîche liqueur. Nous étions ivres de tant de liberté. Rien ne semblait pouvoir contenir nos désirs. Nous prenions tous les chemins qui s’offraient à nous, les collectionnions comme des pierres précieuses d’un trésor fabuleux dont le coffre était nos boites crâniennes. Le nez un peu rougi par le matin, mais les membres chauds encore de l’effort, nous échangeâmes un sourire – pas de mots- et nous reprîmes dans le même mouvement d’épaule nos sacs d’aventure et la route nouvelle, le coeur plein des promesses que le lendemain ne faillit jamais à apporter à celui qui a la force de n’en attendre rien.
Photo Ange7, Muuido, 2008.

Plus me faut te chercher, plume, faute cherchée
est à demi-trouvée, et à deux m’y trouver, on pourrait.
*
J’ai rayon pour ta plage et crayons pour créer
des rais longs de couleurs sur ta page de pleurs.
*
Roue tourne en mauvais sens et mauvais sang tout rompt
à la route mouvante où tout renoue en ronds.
* * *
Exsangue, je languis, que la lande te rende
au ruban de mes bras.
Le site de ce lundi est un artiste qui intervient à coups de lignes rouges sur toile et sur ville.
Lignesrouges, ça s’appelle, justement.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Pascual
Y’a pas qu’à Pâques, / Mon agneau / …
————————-——————————————————
Second Souffle, un chouette court de Clément Morin.
Inspirez…respirez ! Et bon dimanche.
——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Le rafiot de la Muse (avec audio)
Voyez cet étrange rafiot qui tournedouille et vireflotte / Qui tire des bords et barbotte / …
————————-——————————————————