Vent debout

Je n’en peux plus, Pablo. Mes traits s’épuisent à suivre ta route. Un instant je crois t’entrevoir, au loin, sur ton vaisseau vapeur, sur ta fusée de faire. Tu travailles. Et comme lentement je me rapproche soudain tu accélères, de nouveau tu quittes la Terre. Géant, tu visites d’autres galaxies d’idées. Tu brises les vitrines du voir et de chaque éclat tu fais un projectile qui va se ficher dans la cible de la conformité.
Mais moi, Pablo, mon ami, comment trouver ta voie, sans le génie qui te hante, sans la folie impatiente de tout mettre à bas ? Je suis retenu par ces repères auxquels je crois, alourdi par mon savoir, je m’élance mais ne décolle guère.
Tu es un ouragan, Pablo, mais je suis trop pierre pour être emporté. De ma gravité, cependant, j’admire le tourbillon d’étoiles que tu soulèves au passage et qui éclairent comme flambeaux la route tracée de la liberté.
Photo Robert Doisneau, retouches Ange7
Beau texte. Revient alors en mémoire le film de Clouzeau, l’étourdissant combat de la main et des yeux, entre la vitre et le torse nu.
Commentaire par Dom — Mercredi 16 avril 2008 @ 2:53
Oui, Dom, l’excellent mystère étudié que celui-là.
Commentaire par 5h12 — Mercredi 16 avril 2008 @ 9:50