Toile de chute

Notes pour plus tard :
Je n’ai pas fait pire depuis longtemps, voilà ce qu’il pensait tandis que ses yeux couraient comme des perdus sur la toile peinte, ses chemins de couleur, ses excès de fureur, l’œuvre, la pauvre œuvre, qu’il venait d’achever. Pourquoi le regard de l’après était-il si tranchant et comment pouvait-il négliger, occulter, le travail, la vision, du pendant ? Ses mains étaient retombées, lourdes et inutiles et tout son bras, le long de son corps, était comme du bois mort. Au vrai, c’est son cœur qui s’éteignait sous cette pluie froide. Son visage prenait, déjà, une teinte de marbre, seuls les yeux brillaient de fièvre et semblaient lancer des éclairs fous vers la toile comme pour la transpercer, la déchirer, la faire disparaitre. Le feu, les cendres ? C’était une idée.
Pour aller avec : Claude Nougaro, Maudit.
Photo Ange7.