
Pédro chante dans le métro,
Pour remplir de sous son chapeau.
Il est alto de son état,
A la station Opéra.
Quand sous sa douche il vocalise,
Pédro a des notes exquises.
Mais dans le métropolitain
Sa voix évoque le vieux chien
Dans ses cours au conservatoire,
Pédro ravit son auditoire
Mais pour son public souterrain
C’est pas du chant c’est du tintouin
C’est que Pédro a un secret
Qui lui permet de subsister :
Il a compris voilà longtemps
Qu’on ne paye pas le talent
Le passant pour un bon chanteur
Fait vite de fermer son coeur
Et semblant de se persuader
Qu’il finira à la télé
Mais pour un mauvais, un terrible,
Il n’y a pas d’issue possible,
Pas question de devenir pro…
Hop : une pièce dans le chapeau
A la station Opéra,
Pedro, alto de son état,
Glane des sous dans son chapeau,
En chantant mal, en chantant faux.
Photo Ange7, Séoul 2008.
Jeudi 29 mai 2008 à 8:07
Ce serait donner confiture aux cochons!….
Dimanche 1 juin 2008 à 9:04
L’art n’est pas pour une élite, mais il mérite, c’est vrai, qu’on ralentisse un peu le pas.
Mardi 3 juin 2008 à 1:19
Hum, je ne dirai pas ca, Tilu… Tu parlais des passants, et bien ma fois, je suis passant de mon état, et pourtant, pourtant, combien de fois me suis-je arrêté dans un coin du métro (et pourtant j’y vais rarement – le moins possible), en repos quelques minutes, pour écouter et sentir la musique proposée ? Il y a de très très belle choses à voir dans les galeries souterraines, et beaucoup de passant sont prêts à s’y arrêter. Même si souvent c’est plus pour la beauté du geste et ne fait pas forcement vivre l’homme.