
Ma libraire est dame menue
qui n’eut pas toujours de chignon
elle fut jeune et on l’a vue
voletante sous les lampions
Elle a gardé de ce beau temps
des astres brillants aux prunelles
et la douceur qu’en souriant
elle répand tout autour d’elle
Dans une atmosphère languide
que viennent rarement troubler
des touristes en quête de guide
elle lit toute la journée
Ainsi elle est aventurière
mère fille sainte catin
souvent elle vit dans l’hier
qui lui semble un temps moins chagrin
Derrière les livres empilés
comme les tours d’un château fort
elle rêve d’être enlevée
par un paladin au coeur d’or
Mais qu’un héros pouvant lui plaire
veuille à la vitrine gratter
aussitôt revenue libraire
elle le rabroue sans pitié
Elle fuit la réalité
car c’est le rêve son amour
c’est en songe qu’elle veut aimer
en fiction qu’on l’aime en retour
Dans ses romans vivre est poignant
les sentiments sont exaltés
chaque événement bouleversant
tout est entier rien n’est gâté
Un chignon et des verres épais
La dame de la librairie
a pour les histoires inventées
une passion infinie.
Photo Ange7, Séoul 2009 .
-*- Écoutez donc les fioritures d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-
Samedi 30 mai 2009 à 3:15
Je la connais!
Lundi 1 juin 2009 à 7:04
Toi aussi, Drôle d’oiz‘ ?
Dans un monde parfait, il y en aurait une par ville, voire par quartier…
Dimanche 20 février 2011 à 3:01
j’aime beaucoup ce poème
plein de tendresse