Allez en biais, mon fils.

un gros penchant

Notes pour plus tard :
Père, je ne m’en cache pas, j’ai un penchant très prononcé pour tout ce qui touche au péché. La chair surtout, c’est vrai, m’attire, et je vais chercher mon plaisir, toujours en des bras étrangers. Pour cueillir ces faveurs chéries, je poursuis ainsi, sans relâche, les plus charmantes des candeurs, et chauffe ma peau à la leur. Parfois, si la chance rechigne, que mes charmes sont sans effets, je me tourne vers les cafés où vient chahuter la jeunesse. L’ivresse est mon terrain de chasse, j’y traque la mélancolie, la solitude ou le dépit, toute faiblesse à résister. Et quand j’approche de ma proie, la mécanique mise en marche, il est rare, sans chicaner, que je m’endorme seul chez moi.
Voilà, Père, la vérité de ma charnelle inclinaison. Si elle m’interdit à jamais l’entrée du chaste Paradis, je me console de mon choix par les chères joies, qu’ici-bas, elle me procure chaque jour.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le crissant d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Beam us up, Scotty !

Energize !

Pour qui est perdu,
ce type de plan,
pratique et propret,
ne se borne pas
à proposer vues
à plat et 3 D.

Ce petit bijou
très perfectionné
ne peut rien de moins
que téléporter
jusqu’au point précis
qui lui est pointé.

Photo ∑ma, Séoul 2009.


-*- Goûtez donc le xylose d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Fascination féroce

Les fanatiques

fantastique   félicité 
la foule de mes fans est formidable 
elle frémit face-à-face la figure fouettée de fièvre
elle me frôle farouchement fardée en femme fatale
elle fréquente en frissonnant mes cafés favoris
elle  fleurit  avec  ferveur  mes  fenêtres
elle fuit la fadeur et le factice
elle est fière et fidèle
elle foisonne
ma foi

 

Photo Ange7, Séoul 2009.


-*- Goûtez l’exotisme d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Justice !

au tribunal

 

Notes pour plus tard :
Mesdames et messieurs les jurés, je n’y suis pour rien, je le jure. C’est l’autre dégénéré qui a agi seul et sans adjuvant. Je ne joue, humblement, que le rôle du témoin… gênant. Je m’explique :  j’étais de passage, je voyageais, mais sans bagages, et c’est ce qui jeta sur moi ces odieuses suspicions. Mais j’en réponds : je ne partageais rien des sauvages desseins de l’assassin. J’ai surpris son visage ; son teint jaunâtre, ses traits disgraciés et ses yeux injectés de sang se sont gravés dans ma mémoire. Le jour du procès, un juge m’a obligé à comparaître et c’est mon juste témoignage qui a voué l’ignoble individu aux geôles. Aujourd’hui, par vengeance, il s’ingénie à me faire condamner comme son complice. Mais il souhaite juste, mesdames et messieurs les jurés, que l’État m’héberge dans la prison où il le loge… pour me trancher gentiment la gorge.

 

Photo DR, retouches Ange7 2009.


 

-*- Fatigué(e) de sourciller ? Accordez vous un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Tout est relatif

L'Otréal

Je parie, qu’à Paris, on n’emploie pas ce minois-là pour promouvoir les shampoings !
“Trop étranger” plaident les pères de pub.
Et pourquoi ?
Se peut-il que la capitale ait perdu, tout à coup, ses populations asiates ?
Peu importent les passeports, les patries respectives : philantropie !
L’Orient, pour sa part, placarde pourtant, et à mêmes fins, des poupées européennes… 

 

Repro-photo Ange7, Séoul 2009.

 

-*- Vous entendez trop “nom d’une pipe” ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

V.R.P.

Le V.R.P.

Quand le vendeur rentre vanné
de sa tournée interminable
Le pauvre a les pieds en compote

Vite, il se verse un vingt ans d’âge
Et il s’enferme à triple tour
Pour ne plus répondre à personne

Le vide est lors sa seule envie
Ne rien entendre et ne rien dire
Il n’aspire plus qu’à la paix

 

Photo Ange7, Séoul 2008.


-*- Un peu zzzz ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Mot d’excuse

.
M. le Directeur,
Je tiens par cette missive à m’excuser des méfaits de mon fils. Malgré mes recommandations et réprimandes, il me semble que son comportement, au lieu de s’améliorer, empire. Et je me demande en quel homme abominable il va malheureusement se métamorphoser si son tempérament incommode ne se calme pas complètement. Dans l’immédiat, je me propose de rembourser le matériel endommagé et de le mettre lui-même un moment à l’amende, tout en le menaçant de l’emmener en maison de redressement. 

Humblement,

Mme Mercader, maman de Ramon.

Photo Ange7, Muuido, Corée.


-*- Un peu clang ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Attention, moteur… ça tourne !

Voici que me reviennent ces voyages en virevoltes,
ces visions d’avion vrillant à pleine vitesse vers le plancher des vaches,
ces va et vient ravivés, ces variations vrombissantes,
ces visites sans visa d’invités non voulus, ces vestiges d’overdose…
Ces voléees de bois vert qui violentent le cerveau :
mes vertiges.

Illustration DR.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Recycler (in version 1/ version 2)
Quand les os se sont rattachés, ont colmaté les brêches, que les muscles déchirés
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Bibine

©Ange7

Moi, si j’habitais dans la bulle qui ballonne au bord de la bouteille de bière, je me ferai bien de la bile. J’aurais l’horrible sentiment de balader sur une bombe à retardement.
Faut dire : la bouteille était au frais, à température acceptable. Voilà qu’on l’abstrait et qu’elle réchauffe. Pas bon : toute barbouillée, elle en sue glacé.
Et l’air dans le frigo, était bleu et froid et pur. Dans la pièce où elle chambre maintenant la fumée et les conversations imbibent sa substance et polluent son biotope.
Enfin, et c’est pas le moindre traumatisme, quelqu’un l’a débauchée, décapsulée pour la boire, puiser dans son abondance, la vider de sa richesse brute. Et il y a fort à parier que l’exploitation durera jusqu’à la dernière bribe.
La bulle alors sera bonne pour la poubelle.

Photo Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Le moniteur (in version 1/2)
Un peu âgé mais toujours bonne mine, hâlé, le moniteur, épaules carrées, sourire lumineux
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Vamos a Santiago

carallo.jpg


Note pour plus tard :
J’ai fait un petit bout de chemin avec des potes pèlerins qui s’en allaient à Compostelle. A pied. Ils se nourrissaient de compotes, portaient des hardes de flanelle et frissonnaient fort dans leurs bottes parce qu’en février ça pelle. Même en Espagne.
Moi, comme je suis un peu frileux, que j’aime la viande et le bon vin, que j’aime pas marcher quand il pleut, bref comme je suis pas pèlerin, j’ai pris le car.
Je les voyais à chaque étape. Le rythme de leur marche sacrée, qui se ralentissait, me donnait juste le temps d’explorer la ville, monuments et bas quartiers, d’y rencontrer un brin de fille et d’exprimer ma très grande piété pour cette fabuleuse création. Chapeau, patron.
Parfois les potes pèlerins passaient me voir à mon hôtel pour discuter théologie et quémander un bout de pain. En bon chrétien j’argumentais, mais je les laissais sur leur faim : pas question de les doper et de rendre leurs efforts vains. On ne plaisante pas avec le divin.
De cité en cité, nous avons voyagé ainsi, de concert désaccordé. Puis, j’ai dû prendre un mauvais virage: je me suis détourné de La Route. J’ai encore fêté quelques temps, tant qu’il me restait quelque argent, puis je suis rentré au pays.
C’est bien plus tard qu’on a appris que les pèlerins, presque arrivés, avaient été aplatis. Ils marchaient dans la nuit sans lune car ils avaient pris du retard et voulaient arriver pour Pâques. Mal leur en prit : un bus pressé les a expédiés ad patres.

 

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : On the road again
Le bruit du moteur couvre largement / La chaleur du soleil /Et des coyottes les hurlements / Grand ouest /
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M ou la mainmise

masked1.jpg

J’aime à marcher masquée, sans qu’on me puisse reconnaitre. Je m’immisce, comme imaginée, et je me glisse, sous vos fenêtres, jusqu’à vos sommeils. Car c’est avec l’âme, sans conteste que j’ai le meilleur commerce. Un frémissement me traverse au moment de saisir mon dû. Je ne suis pas femme mauvaise mais on ne m’échappe pas plus qu’on ne marchande ou m’apitoie. Je viens, je vois et je m’acquitte de ma tâche sans faillir, jamais. Adieu Madame, le drame est dit.

Illustration Ange7.

Apercevoir, aplanir, aplatir ne prennent qu’un “p”

upordown.jpg

Sous la lippe du rabot,
rapeuse langue de chat,
la planche part en copeaux.

Elle s’échappe en frisettes
et dans l’air elle projette,
un parfum un peu piquant.

Comme en lipothérapie
la planche mincit, mincit,
sous le massage puissant.

Au sol, un épais tapis
qui pleut doux de l’établi
moutonne d’écume blonde.

Illustration Ange7

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  L’année dernière, à la même heure : A quoi tient le destin, hein ? capucin.jpg
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Gare au graviers glissants

freefall.jpg

Un pas de plus, mon gars, prends garde,
et c’est la grande dégringolade…

***

En bas, c’est pas la joie,
parmi les crasseux intouchables.
La société les a épluchés comme des oignons,
les voilà à cuire au soleil.
Mais derrière les palissades,
entre eux, sur le terrain vague.

***

Ugh, gamin !
gaffe au gadin:
dans la gadoue
d’en dessous
stagne,
hagard et saoûl,
un roi viking
aux cheveux gras
en sarong et santiag
un genre de Brando
des gueux
ancien guerrier
qui croit garder
son Walhalla
mais c’est
sur la décharge
qu’il règne.

Photo ∑mª.

du baLai !

balai-canto-1.jpg

audio :

Après le coup de balai,
dans ta petite cervelle,
restent en rade et en déblai,
en attente de poubelle,
de vieilles idées nouvelles,
des chansons mal ficelées,
des vers qui battent de l‘aile
des mots qui piquent du nez
des souvenirs qu’on appelle
mais que l‘on a oublié,
des images éternelles
dont les couleurs ont passé,
et encore, pêle-mêle,
tout ce qu’il reste à trier.
Enfin, ultime séquelle,
en boule, un papier froissé;
le dernier message qu’elle,
en partant avait laissé :
un billet sec et cruel
qui t’as trop longtemps hanté.
En attente de poubelle,
il trône sur le déblai,
dans ta petite cervelle,
après le coup de balai.

Série B

banana.jpg

Dans mon film de série B,
Les acteurs sont des babouins,
Patibulaires parrains,
Habillés comme des abbés .

Ils élaborent un complot
Pour écumer Bamako
Et faire main basse sur
Un stock de bananes mûres.

Dans mon film de série B,
Le héros est un blaireau :
Un genre de Bernard Hinault
Pas un James Bond au rabais.

Après bathes aventures
Et brefs rebondissements
Quelques sutures, une biture,
Avec ébahissement

Il retrouve les babouins
Balançant dans des hamacs
Et il les prends bel et bien
Les quatre mains dans le sac.

***

Proverbe : Chacun fait son cinéma. Moi, j’ai une drôle de bobine.

 

Illustration Ange7.

Flemme au foyer

salamander.jpg

Elle est choyée dans le foyer,
Flanquée dans la flambée,
Cachée sous les bûches.

Tant que les flammèches pourlèchent
Sa peau luisante de lézard,
Elle s’abrite dans les braises.

Et quand le feu s’est étouffé
Que l’éther s’est tout altéré
La Salamandre sort des cendres.

Illustration Ange7.

Les zélans du coeur

zebre1.jpg

audio :

A dos de moto, pris dans les zembouteillages
En tanguant dromadaire à travers le dézert
Pédalo-dynamo sur les flots des zAçores

Et encore en rampant dans les zherbes des chants
Valsant mains dans le vent aux zaccents des violons
En sautant d’un avion, un parapluie zen main

Et aussi pourquoi pas? marchant zà reculons
A l’envers et zazou, le fond par dessus tête
Ou noble et solennel et grave, pas zà pas

En ballon, c’est zoli, dans l’air, muticolore
En brasse-papillon ou en files zindiennes
Je trouverai toujours comment venir zà toi.

Illustration DR, coloriage ;-) Ange7.

Est-ce assez ?

soutine.jpg

Il est entré Comme-ci Comme-ça
Au Comptoir il s’est aCCoudé
Il a Commandé un Kalua
Et des CaCaouhètes à Croquer

On Comprenait à ses yeux Clos
Que Quelque chose le tourmentait
Et à ses pommettes CoQueliCot
Qu’il éClusait pour oublier

Coeur Crevé ou dette de tripot
Ou Copain Qui a Calanché
Il était muet Comme un Capo
Pas Question de le faire Cracher

Quand il a fini ses Canons
Il s’est levé Cahin-Caha
CliC! s’est fait sauter le Caisson
Sans Qu’on ait jamais su pourQuoi

Peinture Chaïm Soutine

@ M@nill@…

manille.jpg

Pour ces chers êtres -entrevus, rencontrés- en cette exotique ville “où nous fûmes formés par Mme Boyer” (oui, c’est un douze pieds).

Loin de moi l’idée de vouloir défier ou copier le mètre Perec; mes pouvoirs d’écriture sont bien trop limités.
Je puis peut-être, seulement, jouer son jeu sur quelques lignes, en souvenir.
Mon exercice est bien plus simple, c’est sûr, du reste ce n’est pas un choix pour moi : je ne peux vivre privé du le signe “e”. M’en éloigner, si je le tente, provoque illico une crise de force trois sur l’échelle de mon petit coeur.
C’est donc, en toute logique, une lettre différente que je dois ignorer ici. Qu’elle n’en prenne point colère, cette petite; en vérité elle me convient très bien et ce n’est que pour respecter le prétexte que j’utilise ce subterfuge.

Quoi qu’il en soit permettez-moi, en ce premier jour de congés des instituteurs, professeurs et précepteurs en tout genre et de toute sorte, de vouloir pour tous, individuellement, un excellent Noël, joyeux, plein de rire et de bonne humeur, festif en un mot.

Et de tout mon coeur, je conçois pour vous des voeux.

Bruno

Photo des “lettres industrielles” trouvée sur google, DR.