Folles herbes

Les folles herbes de l'été

Les folles herbes de l’été

qui avaient jailli au printemps,

dessèchent sur pied maintenant

et s’inclinent au vent frisquet.

*

Si j’en glisse une entre mes dents

que je la mâche en mon chemin

elle exalte le goût lointain

d’un amour qui n’est de ce temps.

*

L’automne comme un malandrin

a eu raison de sa douceur

et il a perdu sa couleur

sous les averses du chagrin.

*

La nature ainsi que le coeur

est un trésor vite altéré

il faut aimer et profiter

quand la saison est au bonheur.

.

Photo Ange7, Le rayol (83) 2009 .


=°= Cliquez pour un gnomique article au hasard =°=

Cours Saleya

Cours Saleya

il n’y a plus qu’un locataire
dans la maison de mon grand-père
un courageux et qui s’obstine
à demeurer dans cette ruine

il vit sans eau et sans courant
coupés déjà depuis beau temps
aux fontaines il puise bouteilles
et il s’éclaire au plein soleil

quand la pluie pleut, c’est pour sa pomme
le toit a des tuiles fantômes
et si le vent veut s’inviter
il passe les carreaux brisés

malgré le danger avéré
de se voir tout vif enterré
rien ne convainc notre occupant
de trouver meilleur logement

car il tient trop à son balcon
voilà son unique raison
et il ne pourrait vivre ailleurs
qu’au-dessus du marché au fleurs

Photo Ange7, Nice 2009 .


=°= Cliquez pour un éclectique article au hasard =°=

Sur les bons rails

En voiture !

Oh, j’en ai bien fait des voyages,
En train, par chemins d’écoliers.
J’ai sillonné des paysages
Pour me les rendre familiers.
*
J’ai savouré tous les villages
Qui me sont passé par les pieds,
Ils me furent un apprentissage
Que je ne pourrai oublier.
*
J’ai connu la vie de passage
Souvent le soleil souriait
La lune aussi, de son visage,
A illuminé mes sentiers.
*
Si le ciel faisait des nuages,
Qui menaçaient de me mouiller,
Je me réfugiais dans les pages
Des romans qui m’accompagnaient.
*
Au chemin des vagabondages,
Le vrai se livre en son entier
Et sous ce brutal éclairage,
Ma conscience s’est dessillée.
*
Ainsi fut mon pèlerinage,
Sans destination sanctifiée,
Mes souvenirs pour seuls bagages,
Et pour seul trésor l’amitié.

Photo Ange7, Saint-Raphaël 2009.


=°= Et pour prolonger la visite : un triolet au hasard =°=

Zébulon

Zébulon

.
On a beau le clôturer
Dans une enceinte adéquate
Dès qu’on a le dos tourné,
Zébulon se carapate.
L’âne va dans la forêt
Pour se dégourdir les pattes
Ce qui peut s’imaginer.

Mais là où il nous épate
C’est que les jours de marché
-comment en sait-il la date ?-
La colline est délaissée
et il trotte en toute hâte
Au village visiter
Les étals des aromates !


Photo Ange7, Ramatuelle 2009.


* ° * // Et juste pour la vision, un article au hasard au milieu du bazar ! \\ * ° *

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 2 Commentaires »

Bouts d’ficelle

une p'lote d'ficelle

.

C’est la marotte de Marcelle

De collectionner les ficelles.

Elle a envahi son logis

De brins de tous les coloris.

Quand elle en voit un dépasser,

Elle ne peut se maîtriser

Elle a beau risquer des tourments

Elle l’empoche incontinent.

Suivant le fil de ses pensées

Quand elle s’approche à pas légers

Partout on craint sur son passage

L’effet connu de ses ravages.

On compte ainsi dans la région

Plus d’un maçon sans fil à plomb,

Quelques bouchers biens ennuyés

Pour finir leurs pieds et paquets,

Des repriseuses à l’agonie,

Des cordonniers en pénurie,
Et de furieux braconniers
Ayant perdu leurs vils collets.

Mais que tout lui soit pardonné,

Car Marcelle, cette effrontée,

Par un larcin à point venu

a sauvé un futur pendu.

Illustration Ange7.


* ° * // Et juste pour la chanson, un article au hasard au milieu du bazar ! \\ * ° *

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 3 Commentaires »

Dîner en ville IX (et fin)

isolated

Les mains tendues des malchanceux
Lui semblent une étrange peinture
De rameaux tordus et osseux,
Sombre forêt, triste nature.

Dehors, dès la porte franchie
La froidure, déjà, l’embrasse
L’amante a les mèches blanchies
Mais l’appétit toujours vorace.

La nuit commence son approche,
Comme chaque soir, Honoré,
Cherche un lit Hôtel de la cloche,
Un abri sûr pour y sombrer.

Voilà sa vie parmi les hommes
Mais il persiste à s’acquitter,
Malgré l’exubérante somme,
Du loyer de la liberté.


(fin)


Photo Ange7, Séoul 2009
.


-*- Écoutez donc le nasillement d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 1 commentaire »

Dîner en ville VIII

Metro Yellow Line

Enfin, pour l’heure rassasié,
Ayant repoussé l’échéance
Honoré peut s’extasier
Sur la folie de l’existence

Sur son chemin qui, sans égards,
Plonge et surgit,  montagnes russes,
mais dont le semblable départ,
Conduit au même terminus.

Alors vient l’heure de partir
Le havre n’a qu’un temps, hélas !
Et qui manque sait compatir ;
D’autres attendent : il faut faire place.

Au seuil, il regarde en arrière :
Dans la tiédeur du restaurant
Personne ne s’est découvert.
Le besoin rend indifférent.

(à suivre…)

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le miaulement d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Le gourmand

Nougat coréen

On dit souvent que Dimitri
Creusa sa tombe avec ses dents.
C’est tout à fait extravagant.
Disons plutôt que, des canines,
Il fut explorateur de mines
Aux mille et une sucreries.

Dans la souplesse des laitages
Il fora donc de longs tunnels,
Dans le nougat, le caramel,
Sans fin ouvrit  des galeries,
Et au coeur des viennoiseries
Il s’aménagea des passages.

Il se bâtit tout un lacis
De délicieuses douceurs,
Gagnant toujours en profondeur.
Et au centre de la planète,
Qui est généreuse galette,
Il finit ses jours sans soucis.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le la d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 2 Commentaires »

La correction

correction

Ce s’rait quand même moins compliqué
Si à chaque fois qu’on te parlait
Tu ne courais te réfugier
Dans des propos alambiqués

Si tu n’ cachais tes opinions
Dans d’ardues circonvolutions
Et si tu livrais sans façon
L’objet d’ta communication

Mais t’as mangé un dictionnaire
Tu étales ton vocabulaire
Et tu tournes tes phrases à l’envers
Comme un gaga de la grammaire

Alors faut pas nous en vouloir
Si après l’école le soir
En catharsis, en défouloir
On t’racle un peu sur le trottoir

C’est même un signe d’amitié

Et on n’a pas d’autre ambition

Que de corriger tes travers

Juré-craché, tu peux nous croire.

Illustration Ange7 2009 .


-*- Écoutez donc la lallation d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Les amants photogéniques

les amants

 

Il y avait, dans l’appartement, cent portraits des ces deux amants. Posant, heureux et souriants, toujours dans des cadres charmants. Stoïques au pied des monuments, en bateau, sur le pont avant, sur la plage, cheveux au vent, en gourmets dans les restaurants. On les voyait se baladant, tantôt figés, tantôt marchant. Et chaque cliché bon-enfant se voulait l’exemple flagrant d’un amour simple et évident. Oui, tout semblait si innocent… Qui aurait deviné, pourtant, derrière ce verni brillant, que rampait un secret troublant ? Aujourd’hui tout le monde ment, même les couples attachants.  Ici, constellant les murs blancs, sans qu’on le sache, les amants exhibaient vertueusement leurs conquêtes d’un court moment. Mais pour faire discrètement, et que nul ne soit au courant, le troisième tiers du trio, c’est lui qui prenait la photo !

 

Photo ∑ma, Corée 2009 .


-*- Écoutez donc le krash d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

La dame de la librairie

en vitrine

Ma libraire est dame menue
qui n’eut pas toujours de chignon
elle fut jeune et on l’a vue
voletante sous les lampions

Elle a gardé de ce beau temps
des astres brillants aux prunelles
et la douceur qu’en souriant
elle répand tout autour d’elle

Dans une atmosphère languide
que viennent rarement troubler
des touristes en quête de guide
elle lit toute la journée

Ainsi elle est aventurière
mère fille sainte catin
souvent elle vit dans l’hier
qui lui semble un temps moins chagrin

Derrière les livres empilés
comme les tours d’un château fort
elle rêve d’être enlevée
par un paladin au coeur d’or

Mais qu’un héros pouvant lui plaire
veuille  à la vitrine gratter
aussitôt revenue libraire
elle le rabroue sans pitié

Elle fuit la réalité
car c’est le rêve son amour
c’est en songe qu’elle veut aimer
en fiction qu’on l’aime en retour

Dans ses romans vivre est poignant
les sentiments sont exaltés
chaque événement bouleversant
tout est entier rien n’est gâté

Un chignon et des verres épais
La dame de la librairie
a pour les histoires inventées
une passion infinie.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc les fioritures d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 2 Commentaires »

Onirique qui mal y pense

borderline

J’ai rêvé de vous ; le vers est plaisant.
Mais peut-on vraiment avouer le fait
Quand le songe était plutôt déroutant ?

Quand ses nobles héros, sans doute enfiévrés,
Portaient un chapeau pour tout vêtement,
Et se promenaient à dos d’alezan ?

Quand chacun tenait, très sérieusement,
Un discours confus sur la fin des temps ?
J’ai rêvé de vous, mais c’est mon secret.

Illustration Ange7.


-*- Goûtez donc le zeste d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Far away

Phare

Erigé sur un pic
qui domine les eaux,
à flanc franc de falaise,
le phare se tient droit.
A force d’ascension,
j’ai gagné sa cabine,
dont les rayons dardés
couronnaient les cieux.
J’ai vu la nuit venue
l’immensité liquide
lentement découpée
en tranches régulières.

Photo Ange7, Seocho 2009.


-*- Goûtez le tendre d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 2 Commentaires »

chanson de variété

raviolis vapeur

 

Des raviolis aux trois repas,
peut-on concevoir telle horreur,
et comprenez-vous, votre honneur,
la rage qui arma mon bras ?

Bien sûr, j’ai d’abord menacé,
j’ai mille fois claqué la porte,
mais elle faisait toujours en sorte
de me reprendre à son filet.

Son amour et ses doux appâts,
son bel esprit et son humour
je m’en régalais chaque jour
et ne m’en rassasiais pas.

Mais les raviolis maudits,
avec leur mine détestable,
qui seuls envahissaient la table,
un matin j’ai dit : c’est fini.

Juge, je sais, c’est en prison
que vont pourrir tous les infâmes
mais les raviolis de ma femme
jamais ne m’y retrouveront.

 

 

Photo Ange7, Séoul 2009.


-*- Goûtez le kraquant d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Retour à l’envoyeur

AfricA

Entends le tam-tam régulier de ma terre cacaotée elle est inondée de lumière et éprise de sons rythmés Vois sur nos corps le noir de nuit qui est plus fort que le soleil la danse appelle la rosée sueur qui fait briller nos peaux Attends tout le temps nécessaire et tu ne seras pas déçu chasse tes idées préconçues ma terre entrera dans ton coeur Tu apprendras son mouvement rapide lent et saccadé la résonance de son sang la profondeur de sa beauté Tu sentiras la terre mère te reconnaître et t’aimer tu l’aimeras les yeux fermés ton voyage enfin terminé

 

 

Illustration Ange7 2009.


 

-*- Fatigué(e) de xylographier ? Accordez vous un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 2 Commentaires »

Friandise (I)

Coton Candy

 

Domestiquée en gobelet,
peut-être peut-on regretter
que la barbe à papa n’ait plus
son air insoumis, chevelu.

On perd le jeu de picorer,
lèvres bées et tête penchée,
en happant des bouchées menues
où la boule se fait pointue.

Ici on mange par pincée,
le sucre-coton coloré,
c’est plus facile et moins confus
mais l’allégresse n’y est plus.

Finie l’impression de porter,
sur un bâton, mal ajusté,
et risquant de choir sur la rue
comme un nuage suspendu. 

 

 

Photo ∑ma, Seokcho 2008.


-*- Fatigué(e) de grognonner ? Accordez vous un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 2 Commentaires »

Cavaler

cavaler

 

Dis, destrier,
ce grand périple tant rêvé,
quand enfin va-t-il débuter ?

On m’a promis
les vagues vertes des prairies,
où flottent des fleurs canari.

J’ai entendu
que là le vent, par sa venue,
vous lave l’âme et la rend nue.

Il paraîtrait
que le ciel qu’on boit à grands traits,
est un alcool au goût bleuté.

Destrier, dis,
reviens galoper dans ma nuit,
nous partirons, demain, promis.

 

Photo Ange7, Séoul 2009.


-*- Fatigué(e) de farfouiller ? Accordez vous un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , , . 2 Commentaires »

Plus on est de fous…

Rice

À midi,
pour changer,
j’ai fait un
bol de riz.
Du riz blanc,
déprimant,
sans parfum
ni saveur.
J’ai mangé,
lentement,
au supplice.
Nom de nom !
L’été est
loin encor
mais malgré
mes efforts
je ne perds
pas un gramme.
C’est le drame
quotidien.
Privations,
substituts,
et pour quel
résultat ?
Rien de rien.
On commence
à se plaindre…
Du côté
estomac :
gargouillis ;
à la tête :
des vertiges ;
et le corps
en entier :
mou et sans
énergie.
Trop c’est trop
et bientôt
il faudra
réagir.
Rebellion,
-fi des fins !
je m’en vais
opérer
une révolution,
un putsch définitif,
un coup d’État éclair :
changement  de  régime.

 

Photo Ange7, Séoul 2008.


-*- Vous entendez trop “ras-le-bol” ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Émaux de passe

La 'tite tortue de céramique

 

La ‘tite tortue de céramique,
Attachée au fond d’un flacon,
Parfois voudrait ranger ses cliques,
Et clac! se détacher d’un bond.

Elle s’imagine par la ville,
Dans le bus et dans le métro,
Troquant un peu sa vie tranquille
Pour tâter de l’urbain chaos.

Elle s’offre une belle visite,
De la tour aux grands magasins,
Et sa distraction favorite :
Voir le botanique jardin.

Mais bientôt ces pensées fatiguent
L’animal à tête d’émail,
Assez de valses, assez de gigues :
C’est temps de rentrer au bercail.

Là, grisée de rêves lyriques,
Bercée de lentes illusions,
La ‘tite tortue de céramique,
S’endort au fond de son flacon.

 

Photo Ange7, Séoul 2009.



-*- Vous entendez trop “kss kss” ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Le grog de l’ogre

Grog

S’il n’y a plus d’autres solutions,
trempons nos lèvres au bouillon :
goûtons les anciennes recettes.

L’herbe aux pendus que dit Villon,
avec l’hellébore touillons,
et saupoudrons-les d’escampette.

 C’est une odieuse potion
mais qui guérira nos passions :
allons, buvons, que tout soit net !

 

Illustration DR.


-*- Vous entendez trop “haro” ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Tic-Toc

Toc

Sous un ciel bleu idyllique,
A l’heure dite : four o’clock
Près d’un cocotier en plastique,
Garni de noix itou plastoc

Je vais et viens, automatique
Sous le soleil, je soliloque
Et je peaufine mes répliques
Pour frapper de taille et d’estoc

Car je souhaite si rappliques
A l’aide d’un discours ad hoc
Attirer ta jolie plastique
Jusqu’à mon antre et mon paddock

Mais tu me fais toujours la nique,
Tu te défiles et tu te moques
Tu déjoues toutes mes techniques
Et railles mes poses de coq

Tu restes froide à ma musique
Mes mots, ton esprit les révoque
Et les menaces et les suppliques
Se brisent sur ton coeur de roc

J’en suis malade, c’est physique
Il n’y a pas d’espoir, dit le doc
C’est une affection chronique
Et tu es, toi, le seul médoc

 

Photo Ange7, Sokcho 2008.

 

-*- Rien n’est plus jovial ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 3 Commentaires »

Chanson sereine

L'un des six rennes.

 

J’installerai ma Reine
Robe crème, longue traîne
Sur un traîneau d’ébène
Attelé de six rennes
Ainsi ma souveraine,
En étreignant les rênes
Semblera la sirène
Régnant belle et pérenne
Sur nos vastes domaines
Son chant qui rassérène
Offert comme une étrenne

 

Photo Ange7, Séoul 2008.


-*- Votre Ticket-restauranT tourne en rond ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , . Laisser un commentaire »

Dîner en ville VII

Renvers

Ainsi toujours l’homme est tancé
Par la chaîne de ses actions
Et sa force ni sa pensée
Ne peut infléchir la sanction.

Repu de soupe, désormais,
Honoré au fond de l’assiette
Scrute son reflet déformé
Arborant une mine inquiète.

“Suis-je cet hère, ce rebut,
Répugnant, abîmé, sauvage ?
Est-ce toute la honte bue
Qui m’avina tant le visage ?”

Honoré , sceptique, confus,
Croit voir le portrait d’un aïeul
En vain cherchant celui qu’il fut
- Dont il a déjà fait le deuil.

(à suivre…)

Photo DR, retouches Ange7, 2008.


-*- Votre OratoriO tourne en rond ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 1 commentaire »

Dîner en ville (VII)

Dîner bw

 

Héros prodigue que la vie
A fait rouler au précipice,
Le dégradant, sans préavis,
De la surface aux abysses.

La misère est un puits profond
Et son ascension, un supplice,
Car ses  parois tout à fait lisses
Garantissent qu’on reste au fond.

Mais si, gagné par l’anémie,
Le prisonnier, enfin, renonce,
Une transparente infâmie
Comme au fer rouge le dénonce.

Et ce sceau semble signifier 
La marque de sa condition,
Les regards sur lui modifiés
Et sa subreptice exclusion.

(à suivre)

Illustration Ange7, 2008.


 

-*- Votre NécromancieN tourne en rond ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Dîner en ville (VI)

Crossed out

Face à face avec sa pitance
Dans son effluve parfumé
Honoré pleure, Honoré pense
Au passé parti en fumée.

Il se souvient de la famille
À laquelle il appartenait,
Une femme, un garçon, deux filles,
Qu’au-delà de tout, il aimait.

“À cette seconde, où sont-ils ?”
Souvent Honoré s’interroge,
Il lui serait pourtant facile
De les retrouver à Limoges.

Mais il se juge trop usé
Pour boire à la lie le calice :
Rentrer après vingt ans passés
Et jouer le retour d’Ulysse.

(à suivre…)


Illustration Ange7, 2008.


-*- Votre HaschiscH tourne en rond ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Mots-clefs : , , , . 3 Commentaires »