
Entre la chambre et le couloir, la porte n’était rien de moins que la barrière, une figure de herse séparant la victime, nue et désarmée, d’une arène bondée de bêtes sauvages, furieuses et affamées. Rien ne le protégeait que cette mince couche de bois sans poignée, couverte de bourre épaisse et assortie de deux clapets : l’un pour la surveillance des yeux, l’autre pour lui jeter la pâtée. Tout le jour, prostré dans un angle de la pièce, le coin, il surveillait le cher cadre, tremblait à chaque volée de pas qui s’approchaient, soulagé seulement quand ils s’éloignaient. Les bruits de clefs, qui cliquetaient comme un terrible présage, lui étaient une affreuse torture. Mais il aimait cette ouverture, ou plutôt, il aimait qu’elle soit tenue fermée. Lui dedans et eux dehors, cette bande de fous !
Illustration Ange7 2009.
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