
J’ai vu en rêve une vague, qui portait en son rouleau, la bague-sceau d’un grand roi. Abandonné sur le sable, par la lame retirée, le bijou étincelait comme éclaté d’une étoile. La femme qui le trouva le regarda longuement, chercha en plissant les yeux, a en percer la magie. L’or marin resta muet. Lors sous le soleil témoin, elle se le passa au doigt. Dans sa bouche aussitôt, elle sent que l’eau se sale, sa crinière de charbon prend des reflets de bleus pâles, mâtinés de verts profonds, et son teint de lait se hâle. Il lui semble que le vent, pourtant léger ce matin, de sa peau si délicate, fait un craquant parchemin. Dans ses yeux une douleur indique la sècheresse et malgré son désarroi, elle sent qu’elle n’a plus de larmes. Tout son corps appelle l’eau. Séduite par l’élément, sa danse fluide et changeante, son énergie vive et lente, son insondable mystère, elle y plonge avec passion et disparaît à jamais. Mariée avec la mer.
Illustration Ange7.