De la résilience

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Notes pour plus tard :
J’ai fait miennes ces affres qui m’empêchaient de fonctionner et les voici moteur de mes journées.
Debout d’un seul coup, d’un seul, de panique de rester couché, comme un Samsa sur le dos. Sous l’eau froide de la matinale afin de prévenir une combustion spontanée. Céréales craquant entre les molaires pour ne pas tomber d’inanition, être ambulancé dans un sordide hôpital de campagne où l’on me retirera, par erreur, mes reins.
Transports en commun, difficile étape, mais les frôlements, les haleines et le bruit terrible sont la cure à ma terreur latente de devenir transparent.
On me trouve, au bureau, depuis mon retour, jovial. Les médocs, susurre-t-on, en douce. Mais c’est un effort musculaire, à la vérité, une tension permanente pour lutter contre le temps qui flasque, et qui m’oblige à courir, parfois, aux lavabos, pris de crampe faciale. L’effroi de l’autre fait de moi un travailleur concentré et efficace, la crainte de l’ostracisme, un supportable convive de cafétéria.
Le jour fini, en sens inverse, je me dépouille des peaux que j’ai portées douze heures durant.
L’horreur du monde me fait trouver le studio sombre, confortable. La hantise du désordre le tient bien agencé et toujours immaculé par sainte phobie des bébêtes.
La peur de m’endormir me plonge dans un roman, celle de devenir aveugle me pousse finalement au sommeil.
Montage “Brain Project” (s’éloigner de l’écran!) par Ricardo Paci.
