
Notes pour plus tard :
À l’étape, le corps, d’abord, ne voulait pas croire à son répit. Les jambes, se remémorant la longue route de marche, ne cessaient de trembler et les épaules, bien que libérées de l’accablant sac de voyage, avaient des élans de sang comme si un croc de boucher voulait les soulever de terre. Les estomacs qui braillaient depuis des heures se contentaient pourtant de la portion minime du jour et un peu d’alcool fort venait tirer sur les consciences un rideau salutaire qui masquait à la fois notre fatigue extrême et l’indigence de notre situation. Puis le miracle de la jeunesse se produisait, comme chaque nuit : le sommeil nous abreuvait de rêves et d’espoir et emplissait si bien nos veines de sève saine et de vigueur que nous étions, tôt matin, prêts à partir, le coeur ragaillardi.
Photo Ange7, Quinson 2009 .
=°= Et pour prolonger la visite : un lai au hasard =°=




