Chavane !

Chavane !

Ça souffle et ça fait pas semblant.
D’abord l’orage, sourdement, se contente de gronder.
De loin mais s’approchant.
On sent déjà qu’on ne va pas y couper.
Tout claque au vent, rien ne résiste sa violence.
Il gonfle et s’enfle à chaque passage.
La pluie éparse frappe la terre à coups pugnaces et répétés.
Elle sonne comme une rancune.
Qu’a-t-elle tant à reprocher ?
Bientôt, l’étoffe se déchire dans un grand tremblement.
C’est comme si cédait soudain le ciel accablé.
L’eau verse à pleins seaux sans discontinuer.
C’est à se demander …
Où se tenait-elle, jusqu’ici, toute cette pluie ?

Photo Ange7, Ramatuelle 2009.


* ° * // Et juste pour la nostalgie, un article au hasard au milieu du bazar ! \\ * ° *

Fleur sans tige, qui voltige

Papillon

C’est bien lui l’enfant du vent, plus preste qu’un pétale de printemps.
Comme constamment agité, ses escales se comptent en secondes.
C’est lui l’élégant féal des fleurs, plus chamarré qu’un pré d’été.
Comme diapré par bonheur de toutes les teintes qu’il frôle.
C’est aussi lui le condamné, plus désolé qu’un déclin d’automne.
Comme conscient d’être éphémère, il volette avec gravité.
C’est enfin lui l’escamoteur, plus rare que les rayons d’hiver.
Comme posé sur l’invisible, suspendu dans le vide, et bientôt disparu.

Photo Charles, Ramatuelle 2009 .


-*- Écoutez donc l’incantation d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Cavaler

cavaler

 

Dis, destrier,
ce grand périple tant rêvé,
quand enfin va-t-il débuter ?

On m’a promis
les vagues vertes des prairies,
où flottent des fleurs canari.

J’ai entendu
que là le vent, par sa venue,
vous lave l’âme et la rend nue.

Il paraîtrait
que le ciel qu’on boit à grands traits,
est un alcool au goût bleuté.

Destrier, dis,
reviens galoper dans ma nuit,
nous partirons, demain, promis.

 

Photo Ange7, Séoul 2009.


-*- Fatigué(e) de farfouiller ? Accordez vous un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Fleur sans tige

papillons de lumière

 

Il y a une indicible horreur dans la torpeur finale du papillon épinglé au velours d’une vitrine. Un sacrilège du sublime. Figer pour l’éternité ce qui ne fut que mouvement, qu’un continuel battement. Celui qui, à l’arrêt même, tremblait de vie, âme légère, aimant le vent. Fut-ce de mort naturelle, son inertie est cruelle à contempler, contre nature. Etre de la fragilité, dont les instants changeants semblent comptés, il éprouve à toute allure, son destin éphémère. Et pour se souvenir de lui, il faut se le remémorer, toujours, en train de voler.

 

Photo Ange7, Séoul 2008.


-*- Vous entendez trop “qui-vive” ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Dans la gueule du loup

Snap

 

Voilà qu’encore, partout, dehors, le froid nous mord à pleines dents. Il plante, canin, ses crocs gelés dans nos mains, affamé qu’il est de nos chairs tièdes. Rien ne peut, l’hiver, s’exposer à l’air, ni joue, ni cou, sans être cruellement griffé. Et quand un vent, tranchant, souffle par bourrade, on ferme les yeux par peur de ses pointes. Ainsi, par les rues, les passants semblent des bibendums, couche sur couche de vêtements. Ils marchent en se dandinant, de transport en bâtiment, sans s’attarder un instant, sans rêver. Contre le froid de glace, il faut être efficace.

Photo Ange7, Séoul 2008.

 

PS:
sixIl fait un froid du Diable… 

 

-*- Rien n’est plus pendulaire ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

Ah, régner !


La revoici. Elle a choisi pour sa cruelle dentelle un nouveau coin du jardin. Architecte autodidacte, elle y trace et tisse son attrape-nigaud de haut vol. Bientôt l’immense toile, menaçante, poisseuse, se tend au vent comme la voile lacérée d’un vaisseau spectre. Elle y trône, au centre, avec également un air faussement trépassé, une immobilité de fantôme. Mais qu’un insecte distrait, une flottante brindille, se prenne aux fils de sa structure et l’effrayant entomophage bondit hors de ses rêveries cruelles. Si l’infortuné prisonnier est jugé dévorable, de ses pattes en talons aiguilles, elle lui tricote un cocon sur mesure. Et, ascète achevée, se le réserve pour plus tard.

Photo Ange7, Séoul 2008.

 

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-*- Besoin d’urbanité ? Tentez donc un article au hasard du journal de 5h12 -*-
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Rrh kff hrr ffk

©Ange7

Le vent jaune d’or, hier encore, a fait des siennes. Particules minuscules qui se collent aux persiennes… tant qu’on est dedans.
Mais il faut bien sortir, et là, c’est à la gorge que ça prend, ça racle, le nez démange, ça dérange, et les yeux piquent et pleurent et colégramment: un drame.

Illustration : courbes de pollution, ville de Séoul.

L’autre île

©Ange7


Notes pour plus tard :
Demain matin, si le vent se fait bon vent, si la mer, comme aujourd’hui, est tendre, égale et docile, va, je prendrai le San Augustin et je retournerai à l’île. Là, je te ramasserai un plein panier de baies roses. Dans quelques creux de rochers, je ferai la chasse aux crabes. Je trouverai pour tes chevilles des coquillages nouveaux, et des paillettes de nacre pour étoiler ta sombre chevelure. Sur la plage inoccupée, une fois ma pêche grillée , je tiendrai un bon repos, dans l’ombrage d’un palmier. Revigoré et joyeux, je pourrai pour toi reprendre l’hasardeuse traversée, tout un jour, toute une nuit. Et comme tu m’accueilleras, en me couvrant de baisers, je te passerai au cou un collier exubérant de ces fleurs soleil-de-feu qui ne poussent que là-bas.

Photo Ange7, Philippines 2008.

La sobriété

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Je pousse comme on me pose.
Pas grand chose me suffit.
Je suis.
Je bois à peine.
Je hume à petite goulées.
J’aime des brins de soleil.
S’il pleut, tant pis.
J’en ai eu un peu la veille.
Je pousse par millimètre.
Et je ne peux rien promettre.
J’ai du cœur mais tout est lent.
J’aime la flûte du vent.
Je l’entends quelquefois.
Et souvent, j’attends.
Je me contente de peu.
Ma raison me tient compagnie.
Voilà ce que je désire: pousser libre.
Voilà tout ce qu’il me faut : vivre dans ta maison.

Photo Ange7, Icheon 2007.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Citizen Jane
Jeanne, ma fille, ma toute petite enfant, Je dicte cette lettre à monsieur le Curé de Bermont car tu le sais, je ne peux pas écrire…
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