Au bon jus de la treille

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Notes pour plus tard :
-« Sur un autre ton, Madeleine ».
Le Baron avait pris la mouche. Le mauve lui était monté au visage comme si le marc de tout son vin lui ressortait par les pores. Sa lèvre inférieure, constamment tremblotante s’était laissée choir, comme lasse, et découvrait de mauvaises gencives et des dents opaques attaquées aussi par le jus fermenté maison. C’est qu’avec la dose qu’il ingurgitait, le bougre, il y avait bien de quoi repeindre tout son être, intérieur et extérieur, couleur lie-de-vin déconfite. Et si le Baron, depuis bien longtemps, n’avait pas exécuté le tour de son domaine, -ce qui en d’autre temps l’aurait privé de son usufruit-, il en goûtait la sève plus souvent qu’à son tour. Et, de son pouce décharné, pointant son verre vide, il fit impérieusement signe à Victor de le remplir.

Illustration Marc Chagall, « double portrait au verre de vin » (détail).

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