L’odeur des fleurs

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Notes pour plus tard :
-« Je t’ai à l’oeil, mon garçon ». La barbe grave et le doigt maigre pointé en direction d’Edmond, le professeur chevrota cette phrase avec la solennité des ita missa est. Elle se voulait la menace définitive, venant clore plusieurs semaines d’escalade en solitaire de la colline insolence. Dans la salle de classe, un silence globalement réprobateur enveloppait la sentence. La poussière de craie même, semblait suspendue dans le rayon oblique de soleil qui jaillissait en fontaine continue d’un carreau que les leçons de grammaire, affichées dans l’espoir crédule qu’elles pénètreraient d’elles même les crânes ras des rustres garçons, n’avaient encore oblitéré.
-« Je ne suis pas votre garçon », renvoyait le regard d’Edmond qui, sans mot dire, sursauta de sa chaise, écartant son pupitre dans un crissement infernal, et se propulsa hors de la classe en un éclair.
Tandis que la porte se claquait derrière lui, le visage blême du vieux professeur et les faces rondes et béates des autres enfants furent giflées en même temps par une effluve de coquelicot que le printemps malicieux souffla tout exprès.

Photo Ange7, Séoul 2007. 

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