Citizen Jane

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Jeanne, ma fille, ma toute petite enfant,
Je dicte cette lettre à monsieur le Curé de Bermont car tu le sais, je ne peux pas écrire. Il est bien gentil avec moi, comme toujours, et je l’en remercie. Jeannette, ma Jeanneton, quand cesseras-tu tes folies ? J’entends parler de toi par mille voix et ces récits m’effraient. Toi, si frêle et si douce, que vas-tu faire au milieu de tous ces hommes ? On dit qu’ils te respectent, qu’aucun n’oserait seulement te toucher en pensée, est-ce bien vrai, dis ? J’ai eu vingt ans, en mon temps, je sais les bêtises que l’on commet. Ne t’abandonne jamais à aucun d’eux, garde-toi du mal. Prends soin de toi, ma biquette, au besoin repose-toi sur tes frères qui sont avec toi. Je suis si inquiète.
On me loue ici de t’avoir mise au monde, mais je crois que j’aimerais mieux être bien ignorée et te savoir aux pâturages avec les bêtes. Reviendras-tu seulement un jour ?
Ta mère qui t’aime.

Photo DR, retouche Ange7.

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3 Réponses to “Citizen Jane”

  1. Posuto Says:

    Réponse :
    « Man-man,
    J’ai du boulot, j’te rappelle dès que j’peux. Bisou. »

    Ah, les enfants…quand ça grandit…ça s’éloigne… 🙂

  2. Emma Says:

    Il est si facile d’avoir l’air d’une illuminée.


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