Confession

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Je ne porte pas en mon sein ce grand romancier réaliste qui prit la mesure de l’homme. Cet écrivain à l’œil compas qui sait l’architecture de l’âme.
Il n’y a nulle part dans mon stylo le verbe vif du dramaturge qui est le grand marionnettiste d’un instant net de vérité.
J’ai bien fouillé tout mon esprit; pas la trace d’un raisonneur et je reste comme interdit devant les profondeurs philosophiques.
Heureusement, trotte en mon cœur, un troubadour qui cabriole, un conteur qui fait quelques vers, un amant des mots qui veut, toujours, partager la parole.

Photo ∑mª, retouches Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Hush shu
“Si c’est ça, siffla Suzie, j’aime autant …
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Publié dans JOURNAL. 6 Comments »

6 Réponses to “Confession”

  1. Cowboy Says:

    Eh ben, on l’a échappé belle que vous ne portiez pas tout ça en votre sein… sinon on n’avait plus qu’à fermer notre g… parce que dire qu’on n’est pas grand chose et qu’on a bien du mal à dire en ces termes, ça relève de la prétérition.
    Maintenant, dites-vous que votre erreur, si erreur il y a, réside peut-être dans le sens du regard. Chez moi, dedans, c’est pas très grand non plus. Y a plein de poussière, de trucs en vrac, qui servent à rien si tant est qu’ils aient jamais servi. De plus, j’ai l’ouïe fine et je peux vous assurer qu’il n’y a même pas un troubadour vêtu de hardes. En revanche, quand je regarde dehors, c’est nettement plus riche et animé.
    Alors l’idée, c’est d’aller la chercher dehors, de plonger dedans en apnée, d’aller puiser les mots pour la dire et hop, de ressortir comme une loutre qui tient le poisson entre ses dents. Enfin, j’sais pas si je me fais bien comprendre -j’ai l’apnée courte, faut dire 🙂
    Bref, tout ça pour dire que ces cinq lignes n’ont pas besoin de… retouches.

  2. hightea Says:

    Je suis repassée aujourd’hui pour ma bouffée d’oxygène…il n’y a pas tous les jours quelque chose à manger j’imagine…mais après avoir lu le commentaire de cowboy j’ai peur de faire baisser le niveau, je vais plutôt me lancer dans la préparation de votre recette du bonheur et vérifier si elle est universelle…

  3. posuto Says:

    Alors si Cowboy vient faire son intello ici on va pas avoir l’air nouille tiens !! 😉
    L’image retouchée, je kiffe grave. C’est qui ?.. (Ange 7 si cette dernière question te désespère, forgive me I’m just a béotien…)
    RV
    PS : c’est toi ?..

  4. 5h12 Says:

    Salut Cowboy ! Merci pour le sens de la vision. En y réfléchissant bien, tous les matins pour ce blog, dans la pénombre de mon bureau (5h12, c’est tôt), je ferme les yeux pour chercher -et parfois trouver- le sujet du billet quotidien. Là, je crois, je feuillette un livre dont chaque page est un objet, une idée, un mot, un sentiment. Puis la lumière se fait, et quand ce que je vais écrire est (semble) évident : je pianote. Ce que je trouve intéressant c’est votre image d’aller, en personne, pêcher le saumon, comme une loutre. Moi, je pêche une représentation de la réalité dont l’original est bien à l’extérieur de mon esprit mais dont une copie, plus ou moins fidèle, est stockée à l’intérieur. Enfin… en général. 😉

    Hightea, vous êtes la bienvenue pour boire manger et flâner à votre guise. Si un creux vous prend un jour où le billet est maigrichon, il y a d’autres denrées, j’espère, dans les archives. Et ce gâteau ? (Voyez la recette de Mamie Caillou qui est plus claire à réaliser.)

    Noble RV du Posuto, c’est bien le sieur je qui est portraituré. Si j’ai le droit de l’dire, moi aussi j’aime bien ce que j’ai obtenu à partir d’un cliché assez sobre, dans la rue de l’école française, celle des gingkos d’or y’a quelques jours. C’est peinturluré à photoshop, bien fauve, puis épuré avec le blanc pour donner ça.

  5. Jérémy Says:

    Nous n’avons pas de grands romans à offrir. Nous n’avons pas de conte. Ni d’Ulysse ni d’Iliadise, ni de Lupin ni Fronde.
    Juste des mots.
    Juste des presques rien qui s’égrènent dans un silence de matin ou de soir.
    Juste quelques instants qui ne servent à rien.
    Juste des presques rien.

    Mais pour ma part cela me plait assez.
    Ca fait des flashs en couleurs.
    Comme si quelques fenêtres s’étaient ouvertes sur un terrain monochrome.
    Et qui laissaient bâiller des sentiments mêlés.
    Et puis ca fait du bien.
    Pour rien.

    Très belles lignes en effet, mais une question reste en suspend : ne seraient-elles pas 4, ces lignes ?

  6. 5h12 Says:

    Bonjour Jérémy et merci de ces commentaires inspirés.
    4, en effet, rien ne vous échappe ! 😉


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