De la résilience

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audio :

Notes pour plus tard :
J’ai fait miennes ces affres qui m’empêchaient de fonctionner et les voici moteur de mes journées.
Debout d’un seul coup, d’un seul, de panique de rester couché, comme un Samsa sur le dos. Sous l’eau froide de la matinale afin de prévenir une combustion spontanée. Céréales craquant entre les molaires pour ne pas tomber d’inanition, être ambulancé dans un sordide hôpital de campagne où l’on me retirera, par erreur, mes reins.
Transports en commun, difficile étape, mais les frôlements, les haleines et le bruit terrible sont la cure à ma terreur latente de devenir transparent.
On me trouve, au bureau, depuis mon retour, jovial. Les médocs, susurre-t-on, en douce. Mais c’est un effort musculaire, à la vérité, une tension permanente pour lutter contre le temps qui flasque, et qui m’oblige à courir, parfois, aux lavabos, pris de crampe faciale. L’effroi de l’autre fait de moi un travailleur concentré et efficace, la crainte de l’ostracisme, un supportable convive de cafétéria.
Le jour fini, en sens inverse, je me dépouille des peaux que j’ai portées douze heures durant.
L’horreur du monde me fait trouver le studio sombre, confortable. La hantise du désordre le tient bien agencé et toujours immaculé par sainte phobie des bébêtes.
La peur de m’endormir me plonge dans un roman, celle de devenir aveugle me pousse finalement au sommeil.

Montage « Brain Project » (s’éloigner de l’écran!) par Ricardo Paci.

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4 Réponses to “De la résilience”

  1. lepapillonbleu Says:

    Tout d’abord: Wow! j’adore cette image!
    Tout ces morceaux de casse-tête peuvent bien représenter l’état d’esprit de ce texte, mais les couleurs elles sont plutôt éclatante pour une routine qui semble plutôt triste à ce que je vois.
    Pourquoi pas quelque fois changer la routine question de faire place à un peu de spontanéité et ainsi retrouver un peu de couleur 🙂

  2. posuto Says:

    J’aime beaucoup le « Le jour fini, en sens inverse, je me dépouille des peaux que j’ai portées douze heures durant », ainsi que la fin du texte.
    De loin, j’ai vu un oeil (regardait-il Caïn ?). Et puis j’ai arrêté de regarder l’écran de loin parce que mes proches évaluaient mon état mental comme préoccupant…
    Kiki 🙂

  3. tilu Says:

    Chut! .. je n’entends pas l’ange qui chuchote à mon oreille! C’est ce que j’ai dit à mon fils qui passait bruyament par là… il m’a regardé 2 secondes ,un brin d’incomprehension inquiète dans l’oeil, et puis a passé son chemin… Il connait bien sa mère en fin de compte… 😉

  4. 5h12 Says:

    Heureusement, Papillon, que ce n’est pas ma routine, ni mes phobies !
    Toutes ces fleurs, sinon, ne pourraient, de tout leur rose, me sortir du blues.

    Merci Kiki, c’est pour cela qu’il pleure, pauvre oignon, vif écorché. De froid et de douleur, j’en ai bien peur.

    C’est que les enfants, Tilu, savent heureusement qu’il est des anges.
    Surtout s’il sont bien élevés 😉


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