Être accroc

accroc

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Quand on tient au dessus du vide, par un simple pan de chemise, que le tissu, commun, médiocre, crisse et lentement se déchire, qu’on sent les fils se débiner sous la tension qui s’accroît, sous son propre poids qui déjà se chiffre en dizaines de tonnes, quand on ne peut plus ignorer, qu’il ne reste que quelques instants, quand on entend le vêtement qui craque de tous les côtés, dans cette situation précaire, selon les sensibilités, ne reste guère qu’à prier, qu’à se taire, ou entonner à tue-tête un chant déchirant. Mais l’issue malheureusement ne saurait être évitée : aplatissement assuré.
Ah, c’eût été tout différent, si l’on avait été poète. Car le poète suspendu cherche encore la rime et compose. Il désire une ultime fois contempler sa muse adorée, puiser dans son profond regard toutes les couleurs de son art. Et voilà bien ce qui le sauve : la poésie donne des ailes !

 

Photo Ange7, Séoul 2009.


-*- Vous entendez trop « yipee » ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

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