Aimer trop

Contre ce coin de carton jaune,
l’aventurier pouvait franchir
les portes de verre et de chrome,
suivre les neutres corridors,
descendre aux grands escalators
et parvenir enfin au quai.

Sans que l’on sût vraiment pourquoi,
l’attraction était populaire
et drainait quotidiennement
plusieurs millions de visiteurs
à toute heure de la journée
et dans le matin de la nuit.

De la plateforme centrale,
deux choix s’offraient, deux directions,
chacune semée de stations
d’où l’on pouvait inversement
rejaillir vers l’air pollué
qui sévissait à la surface.

Les rames longues et confortables
arrivaient régulièrement
pourtant toutes se remplissaient
comme la dernière du monde
et l’on voyait plus que souvent
des wagons bouffis d’usagers.

Tandis que le train repartait
une alchimie propre au métro
agglutinait ces corps distincts
en une seule et même masse
qui valsait en coeur aux virages
et respirait d’un même sein.

Lorsque les portes se rouvraient
Ce flan humain se déversait
naturellement au dehors
dans un déchirement fibreux
chacun d’un pas rapide et sûr
vaquant vers son destin banal.

Photo Ange7, Séoul 2009.

=°= sur un clic, clac : un article rapsodique au hasard =°=

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