Le couturier

Version 1 :
Sous la lampe coudée, bien droit sur son assise, le créateur retient son souffle. Quand ses brillants ciseaux se referment avec soin comme lente mâchoire sur les veloutements de la soie calandrée, l’erreur n’est pas de mise. L’étoffe calibrée doit être decoupée au plus juste : de cette précision dépend la réussite de l’oeuvre. La manche, le tombé, le dos-nu, l’encolure, tout doit être parfait. C’est presque le matin quand, d’un sourire heureux, il signe sa merveille.

Version 2 :
Accroupie dans le froid, une femme sans âge, c’est à dire fort âgée déjà, attend le bus de quartier. Son souffle régulier entoure sa tête de vapeur blanche. C’est pratique courante en Asie de patienter dans cette position basse. Le jeune européen, avide d’expériences, se place tout près d’elle, à coucou lui aussi. Dans ces ruelles étroites, le petit autobus ne passe pas souvent. Après quelques minutes, le garçon n’y tient plus : ses muscles couturiers lui font un mal saillant. Il se redresse alors avec peine et masse douloureusement ses cuisses tandis qu’imperceptiblement la vieille entre ses rides sourit avec les yeux.

Photo collection Dior 2010, retouches Ange7.


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