Mémo à usage interne

 

no more !

Mon coeur,
Il faut essayer de comprendre, elle s’est lassée de tant attendre, et quand le hasard est passé et l’a tentée, tendre et sensé, elle s’est alors laissée prendre, sans penser qu’elle te réduisait irrémédiablement en cendres.
Plus tard quand elle s’est ravisée, revenue de ses vains voyages, elle a voulu voir ton visage pour y lire, en archéologue, la trace qu’elle y avait gravée. La cicatrice était si belle qu’on devinait à sa largeur combien lente elle avait été à se fermer péniblement. Mieux, elle sourit de constater qu’elle était fine et fragile et qu’un peu de feu suffirait à la rendre de nouveau plaie. C’est ce qu’elle s’appliqua à faire, toutes griffes acérées dehors. Trois jours durant, l’amour vivant ; et aussitôt mort de l’amour. La tornade, sans trop forcer, obtint cet effet escompté. Ainsi, la voilà repartie, t’abandonnant foulé, meurtri, exsangue et expirant, encore.

Illustration Ange7.


-*- Goûtez l’innocence d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

 

 

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Autour du feu

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Version 1 :

De sa courte trompe, le soufflet, fait rougir les braises. Il ne paye pas de mine, fin rangé, mais quand il se déploie, quand son torse de cuir se désacordéonne, il a la carrure d’un Hercule. Il éole alors le feu avec force, provoquant une danse de cendrettes. Il rend au bois presque éteint une vigueur dernière qui le dévorera jusqu’au charbon. Sa colère passée, le soufflet se replie et s’efface presque, brun et suie, posé dans la cheminée contre les briques réfractaires, noircies d’hivers.

Version 2 :

Le soufflet, bien posé, fait venir rouge la joue. Le sang monte d’abord au coeur, en une surprise révoltée, puis il grimpe au cerveau, enflammant les sens, enfin il gagne tout le visage, se répand, et la marque distincte de la main apparaît, écarlate, sur la peau de lait. La honte ou la colère, c’est selon, retiennent avec peine les larmes qui font étinceler les yeux. Et tandis que le bras du soufflet retombe sans victoire, la lèvre tremblante de la victime semble maugréer sans voix une malédiction.

Photo DR, retouches Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Da Code (avec audio)
Lé-o-nar-do ! / Ta machine, ta machine / Lé-o-nar-do ! / S’est encore noyée dans l’eau /
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