Frelater

Potio

 
C’est jeter dans le breuvage pur toutes sortes de diluants qui l’atténuent et qui l’altèrent, le transformant, dénaturé, en un tout autre poison. Ainsi en va-t-il du sentiment amoureux, à qui un soupçon de trahison fait vite virer la couleur, pour qui trois gouttes de  défiance dissipent le parfum, et qu’une lampée de froideur achève de troubler. Lors, plus il y en avait au départ, plus la coupe est longue à vider, amère, indigeste. Il faut bien la boire, pourtant, jusqu’à la lie. Mieux vaut qu’elle pèse sur l’estomac que sur le coeur, organe vital.

 
Illustration Ange7.

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Dîner en ville (IV)

More Metro

Honoré, quiet, saisit son Graal,
Religieusement, à deux mains,
Et sent à travers le métal
Le doux brûlant qu’elle contient.

Comme on soulève une couronne,
Pour se proclamer roi d’ici,
Entre ses lèvres qui frissonnent
Il se verse un peu d’ambroisie.

Aussitôt son corps décharné
Sort de l’usuelle léthargie,
Et se souvenant qu’il est né
Réveille ses sens endormis.

De nouveau il voit les couleurs,
Son nez reconnaît les parfums
Et dans la salle de clameur,
Perçoit son coeur qui bat, enfin !

(à suivre…)


Photo Ange7, Séoul 2008.


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Bientôt l’automne

Quand on sera bien en automne,
Je te confierai un secret.
Celui de la couleur des pommes,
Du goût du vent et des regrets.

À petits mots, je dirai comme
j’ai vu un jour l’amour passer.
Passer tout près, un bel automne,
Passer tout près, mais pas assez.

Ses yeux étaient couleur d’automne,
Sa peau avait le blanc du lait,
Un frais parfum de cardamome
L’accompagnait où elle allait.

Elle avançait, reine au royaume,
D’un pas noble qui enivrait,
Tant que les arbres de l’automne
Sur son chemin se découvraient.

Comme les feuilles au vent d’automne,
Aux chorégraphies compliquées,
Ses boucles en suivez-moi-jeune-homme
Volaient piquaient et repiquaient.

Mon coeur à ces pointes pilums
S’est ouvert une grave plaie
Que tous les baumes de l’automne
Couvrent sans pouvoir apaiser.

Voilà que je suis à l’automne,
Qu’importe s’il est remâché :
Ce souvenir est mon opium,
Et je ne peux m’en détacher.

Photo Ange7, Séoul 2008.

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Canevas pas du tout

©Ange7

 


Notes pour plus tard :

Je n’ai pas fait pire depuis longtemps
, voilà ce qu’il pensait tandis que ses yeux couraient comme des perdus sur la toile peinte, ses chemins de couleur, ses excès de fureur, l’œuvre, la pauvre œuvre, qu’il venait d’achever. Pourquoi le regard de l’après était-il si tranchant et comment pouvait-il négliger, occulter, le travail, la vision, du pendant ? Ses mains étaient retombées, lourdes et inutiles et tout son bras, le long de son corps, était comme du bois mort. Au vrai, c’est son cœur qui s’éteignait sous cette pluie froide. Son visage prenait, déjà, une teinte de marbre, seuls les yeux brillaient de fièvre et semblaient lancer des éclairs fous vers la toile comme pour la transpercer, la déchirer, la faire disparaitre. Le feu, les cendres ? C’était une idée.

Pour aller avec : Claude Nougaro, Maudit.

 

Photo (et tableau) Ange7.