Trop fort !

Brégançon

Un mince croissant de lune
se lève en grande lenteur
sur le castel donjonné.
Les hommes ont sourdement peur
mais aussi sont courageux,
déterminés à défendre.
Le siège qui les contraints
les a peu à peu traînés
dans une douce faiblesse
mais le coup de grâce, enfin,
c’est certain va se donner
dans cette nuit capée sombre.
On a figé fermement
les chaînes du pont-levis
et renforcé la poterne
en posant de lourds étais.
Aux créneaux tient accroupi
un archer tous les deux mètres.
Et, réunis dans la cour,
prêts pour la seconde vague,
pour un ultime combat,
une poignée clairsemée
de spadassins silencieux
ne forme plus que l’espoir
de tomber sans déshonneur.

Photo Ange7, Brégançon 2009.


* ° * // Et juste pour le youp, un article au hasard au milieu du bazar ! \\ * ° *

Publicités
Publié dans JOURNAL. Étiquettes : , , , . 2 Comments »

Sous la bruine

labruine.jpg.
.
Toujours chercher à comprendre
C’est ce qui nous assombrit.
Que fait le soleil la nuit ?
La lune, qui vient la pendre ?
.
Et qui réveille le coq ?
Que fait la chouette le jour ?
Où file le ru qui court ?
Combien d’amour reste en stock ?
.
Pourquoi la pluie pleure-t-elle ?
Quel mot de trop ai-je dit ?
Pourquoi, dis, es-tu partie ?
Et qui a pris mon ombrelle ?

Illustration Ange7.

Publié dans CHANSONS, JOURNAL. Étiquettes : , , , . 8 Comments »

Vamos a Santiago

carallo.jpg


Note pour plus tard :
J’ai fait un petit bout de chemin avec des potes pèlerins qui s’en allaient à Compostelle. A pied. Ils se nourrissaient de compotes, portaient des hardes de flanelle et frissonnaient fort dans leurs bottes parce qu’en février ça pelle. Même en Espagne.
Moi, comme je suis un peu frileux, que j’aime la viande et le bon vin, que j’aime pas marcher quand il pleut, bref comme je suis pas pèlerin, j’ai pris le car.
Je les voyais à chaque étape. Le rythme de leur marche sacrée, qui se ralentissait, me donnait juste le temps d’explorer la ville, monuments et bas quartiers, d’y rencontrer un brin de fille et d’exprimer ma très grande piété pour cette fabuleuse création. Chapeau, patron.
Parfois les potes pèlerins passaient me voir à mon hôtel pour discuter théologie et quémander un bout de pain. En bon chrétien j’argumentais, mais je les laissais sur leur faim : pas question de les doper et de rendre leurs efforts vains. On ne plaisante pas avec le divin.
De cité en cité, nous avons voyagé ainsi, de concert désaccordé. Puis, j’ai dû prendre un mauvais virage: je me suis détourné de La Route. J’ai encore fêté quelques temps, tant qu’il me restait quelque argent, puis je suis rentré au pays.
C’est bien plus tard qu’on a appris que les pèlerins, presque arrivés, avaient été aplatis. Ils marchaient dans la nuit sans lune car ils avaient pris du retard et voulaient arriver pour Pâques. Mal leur en prit : un bus pressé les a expédiés ad patres.

 

——————————————————————————-
Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : On the road again
Le bruit du moteur couvre largement / La chaleur du soleil /Et des coyottes les hurlements / Grand ouest /
————————-——————————————————