Fiat Lux

urbis luces

 

Ô loupiottes ô chimères,
Qui flottez sur ses pupilles
Vîtes-vous plus claire mer
Où laisser glisser vos quilles

Ô falottes éphémères
C’est en vain que vos feux brillent
Et que fusent vos éclairs
Tant son regard seul scintille

 

Photo Ange7, Séoul 2008.

 

-*- Rien n’est plus folâtre ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Grignotage

Grignotage

 

Notes pour plus tard :
Quelques millimètres par jour, la mer gagne et creuse. La cabane que nous avons posée sur la plage voit le rivage dangereusement s’avancer. Rien ne résiste à l’attaque têtue, ni les piquets que j’ai plantés, ni la terre apportée à grand frais. La mer les a longtemps léchés avant de les engouffrer tout à fait. Pour moi, ne t’inquiètes pas : je suis mobile. Je pose chaque matin ma chaise un peu plus loin. Et rien ne trouble ma lecture. Selon mes rapides calculs, vu la largeur de l’île en pas, si la cabane n’en a plus que pour sept années environ, j’aurai les cheveux blancs et longs que mon transat sera encore au sec.
Reviendras-tu, dis, avant que l’île et moi, nous ne soyons engloutis ?

 

Photo Ange7, Philippines 2008.

 

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-*- Un peu non! non! non! ? Tentez donc un article au hasard du journal de 5h12 -*-
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La bague

labague.jpg

J’ai vu en rêve une vague, qui portait en son rouleau, la bague-sceau d’un grand roi. Abandonné sur le sable, par la lame retirée, le bijou étincelait comme éclaté d’une étoile. La femme qui le trouva le regarda longuement, chercha en plissant les yeux, a en percer la magie. L’or marin resta muet. Lors sous le soleil témoin, elle se le passa au doigt. Dans sa bouche aussitôt, elle sent que l’eau se sale, sa crinière de charbon prend des reflets de bleus pâles, mâtinés de verts profonds, et son teint de lait se hâle. Il lui semble que le vent, pourtant léger ce matin, de sa peau si délicate, fait un craquant parchemin. Dans ses yeux une douleur indique la sècheresse et malgré son désarroi, elle sent qu’elle n’a plus de larmes. Tout son corps appelle l’eau. Séduite par l’élément, sa danse fluide et changeante, son énergie vive et lente, son insondable mystère, elle y plonge avec passion et disparaît à jamais. Mariée avec la mer.

Illustration Ange7.

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Aux quatre vents

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Comme on pensait, tu t’en souviens,
que l’on serait toujours ensemble,
que le temps ne saurait glisser,
entre nous quatre, un filet d’air.
Vois comme tout va de travers.
Je suis seul en terre étrangère,
à composer de mauvais vers
que je ne t’envoie déjà plus.

Et les autres ont disparu.

Qui par le ciel, qui par la mer,
on ne sait pas même où ils errent.

Solitaires et sans nous.

Photo Ange7, Séoul 2007.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Pin Pon Pin
La pharmacie, c’est étrange, clignote orange. Un signe de la croix. Elle ouverte et si verte, ma foi, à chaque fois
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