Dîner en ville IX (et fin)

isolated

Les mains tendues des malchanceux
Lui semblent une étrange peinture
De rameaux tordus et osseux,
Sombre forêt, triste nature.

Dehors, dès la porte franchie
La froidure, déjà, l’embrasse
L’amante a les mèches blanchies
Mais l’appétit toujours vorace.

La nuit commence son approche,
Comme chaque soir, Honoré,
Cherche un lit Hôtel de la cloche,
Un abri sûr pour y sombrer.

Voilà sa vie parmi les hommes
Mais il persiste à s’acquitter,
Malgré l’exubérante somme,
Du loyer de la liberté.


(fin)


Photo Ange7, Séoul 2009
.


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Matin

Entrée Libre

Porte ouverte,
Droit devant : pars
Puisque la découverte
Là-bas, t’appelle.
Va, puisque tu n’y tiens plus
Faire sonner la semelle
De tes pieds nus
Sous un soleil nouveau,
Plus cru,
Plus haut.

Cours,
Remplir tes prunelles
D’accents inconnus,
Rends-toi sourd
De couleurs exotiques.
Bois aux bouches
Les répliques,
Nourris-toi,
Le corps et l’âme nus,
De leur chaleur inouïe.

Fais l’étranger,
Devient celui qui passe
Et répète à chaque étape
Le périple qui l’a mené.
Puis, ruiné, estomac creux,
Baluchon vide,
Mais riche à milliard
De ton expérience,
Reprends le chemin,
Et reprends la danse.

Va, enfant, s’il faut que tu partes,
N’oublie pas tes parents :
Tu seras mille et mille
Mais ne te renie jamais.
Si tu perds tout asile,
Ton lit, ici, est fait.
C’est assez de conseils,
Va, maintenant,
Marche dans le soleil,
Prends ta route.

Sois vivant
Et, quels que soient les doutes
Eternellement,
Soit vrai.

Photo Ange7, Séoul 2008.

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Géographie sensorielle (vous êtes ici)

 

Pour s’y rendre, c’est facile : on trouverait les yeux fermés. Descends d’abord la rue jusqu’à entendre le bruit métallique du petit marteau du faiseur d’enseignes. Là, tu traverses et tu repéreras immédiatement l’odeur âcre et curative de la pharmacie chinoise traditionnelle. Prends cette rue qui s’ouvre devant toi, continue tout droit vers le brouhaha de la circulation et tourne à droite aux effluves sucrés et lactés de la briocherie. Un peu plus loin, tu sentiras le cuir du bottier : prends à gauche. C’est la première porte dont la peinture s’écaille.

Illustration Ange7.

 

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