Capitaine

Capitaine

L’enfant au corps salé,
L’enfant aux larmes sèches,
L’enfant soleil levé
L’enfant bateau de pêche

L’enfant sans un regard
L’enfant sans un regret
L’enfant s’en va, il part
Où il est appelé

Enfant Univers

Il largue l’amarre

Il a rendez-vous

Avec l’horizon

Photo Ange7, Philippines 2008.

-*- Rien n’est plus qualifiable ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Intégr-all

A L L

 

Ne pas se contenter d’un éclat
d’une portion de monde,
d’un fragment, d’un segment
de la grande aventure

Vouloir tout, sans partage
chercher sans ménagement
tout ce qui se comprend
entre alpha et oméga

Entreprendre avancer
se relever de ses chutes
et ne s’arrêter à rien
de moins que la complétude

Embrasser
large et ouvert
un si total univers

 

 

Photo Ange7, Séoul 2008.


-*- Un peu rebelote ? Tentez donc  article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Rebonds

© Ange7

tu es porté par la colère
et sur elle tu rebondis
comme le galet sur la mer
mû par ta seule frénésie
mais gare au retour sur la terre
gare au mal qui s’appesantit
car si tu crois avoir souffert
tu risques fort d’être surpris
sur tes épaules l’univers
va délester tout son fourbi
tu redeviendras cette pierre
retrouveras ton inertie
et pauvre caillou sans mystère
tu couleras sans faire un bruit

Illustration Ange7.

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Par-devers soi
Ô ma magnanarelle, / Chaussons et tablier blanc / Grimpe au mûrier en chantant
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Eclat, deux voies

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atelier_brancusi.jpg

version 1 :
C’est son port, d’abord, qui étonne l’œil. Il attire à lui le regard comme la ferraille l’aimant. Son poitrail, par l’avant, est si élancé, éclatant, qu’on le dirait prince de sang. Quand il passe plus près, son profil de camé, électrise. La surprise vient de ses cicatrices, de ses traits imparfaits. Pourtant le mâle récit des ans que présage son visage laisse envoûté et séduit. Et toutes les têtes se tournent pour regarder s’éloigner son dos et ses épaules larges.
Et le souvenir qu’il abandonne est lumineux et palpitant : bien qu’il ne porte que des hardes, chacun l’a vu vêtu de blanc.

version 2 :


A chaque coup minuscule, chaque agression du marteau, la pierre perd une virgule de son embonpoint, un éclat de rien. Et tandis que du bloc massif émerge l’œuvre extraordinaire, le sol se jonche des victimes sacrifiées. Pas facile d’être philosophe, quand on est jeté au rebut. Comprendre que son éviction était l’action nécessaire pour transformer un tout vulgaire en une pièce raffinée, révélation débarrassée du superflu. Admettre enfin que l’univers, dont on fut sciemment arraché et par cette violence même, par fruit de cette cruauté, gagne en raison, gagne en beauté, accède à la postérité.

Photo « L’atelier de Brancusi » DR, retouches Ange7.

Entrecroisements

reseau.jpg

Entre nos deux ordinacoeurs
La connexion laisse perplexe
Elle prend des chemins complexes
Elle suit le battement de nos peurs.

Ton visage est un avatar
Et j’ai pour nom un pseudonyme
Une chat-room nous sert de bar
Voilà notre rencontre intime.

Nos sourires et nos émotions
L’esquisse de nos sentiments
Sont des signes de ponctuation
Et des acronymes indolents.

Toutes distances abolies
Chacun pour sa part, solitaire
Nous régnons en mélancolie
Sur un pauvre univers binaire.

Photo viewimages.

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