Avec application

tache

Face aux con-
sciences qui reculent,
Face au mini-
mum exigé
Face aux as-
pirants ridicules
Face au peu
qu’on pourra sauver,

Il faut tâcher de faire au mieux.

Face aux pir-
anhas de l’argent
Face au vent-
ripotents avares
Face aux ra-
paces indécents
Face aux pro-
fiteurs sans mémoire,

Il faut tâcher de faire au mieux.

 

Photo Ange7, Séoul 2009.


-*- Fatigué(e) d’ergoter ? Accordez vous un article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Dîner en ville (V)

Squared

Mais cette conscience est douleur
Car elle révèle son état :
Son triste corps, son pauvre coeur,
Et sa condition d’errata.

Honoré sait que sa cervelle,
Dégrisée, reprend ces chemins.
C’est bien pourquoi il la muselle
En la baignant de mauvais vin.

Mais l’hiver est parfois si froid,
La solitude si profonde :
Bientôt il n’a plus d’autre choix
Que de s’en revenir au monde.

Verser un peu dans la machine
L’huile indispensable aux rouages,
Et s’étonner quand se dessinent
Pour lui, ces sourires aux visages.

(à suivre…)

Illustration Ange7, 2008.

-*- Votre GinsenG tourne en rond ? Tentez donc article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Les campagnards

cezanne.jpg


Version 1:

En campagne, costume dans les bleus, sourire demarcheur, poignée franche d’hypocrite, quota. On sent le gars qui n’aime pas ça : faire son marché. Il est là en corvée, ça sent les légumes frais. Les gens non plus, il ne les aime pas. Il se force à leur parler, expéditif, un mot par-ci, un salut vague du bout des doigts, une réponse là. Il s’est répété ce matin, dans le salon de sa maison, que ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Comme aller chez le dentiste. Que ça irait mieux après. Il avance en distribuant des hochements de tête, des oeillades, c’est tout ce qu’il a à donner. Il pense au confort de son fauteuil en cuir, au calme de son bureau spacieux. Il ne voit pas les individus autour de lui. Pis : il les ignore.

Version 2:

 En campagne, pantalon brun et tricot, le paysan ne sourit pas, sous l’effort. Il œuvre avec conscience. Il a le geste perfectionné par les années de celui qui sait faire. Il n’est ni paresseux, ni pressé : chaque activité a sa mesure. Le temps ne lui ment pas et il sait protéger avant le gel, ne pas irriguer quand la pluie approche. Les travaux s’étalent sur l’année comme ils découpent sa journée. Tout est affaire de rythme. La pause aussi est virtuose. Tôt le matin, puis à midi. Le paysan a cet avantage sur l’ouvrier qu’il peut déguster ce qu’il produit. Chaque jour, sur la table, les légumes frais composent une nature morte grandiose qui vaut bien celles du Louvre.

 

Illustration : Paul Cézanne, Nature morte aux fruits et pot de gingembre.

 

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Par ailleurs, l’année dernière, à la même heure : Les zélans du coeur (avec audio)
A dos de moto, pris dans les zembouteillages / En tanguant dromadaire à travers le dézert
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