…en transit…

Central Station

Après les cartons — ça déménage ! — vient l’avion et le voyage.

Retour dans ces pages et parages, mi-juillet, après quelque beau repos bien désiré.

Bel été à tous !

Photo Ange7, Séoul 2009.

*-* En attendant… *-*

-*- Écoutez donc la propagation d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Bon appétit, messieurs…

Seoul Subway Solitude

Nouveaux audios :

* deux versions des pérégrinations d’Honoré *

Dîner en ville (intégral – Gotan Project Remix) 7′30

Dîner en ville (intégral – voix seule) 5′30

Photo Ange7, Séoul 2009.

-*- Écoutez donc l’orthoépie d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Dîner en ville IX (et fin)

isolated

Les mains tendues des malchanceux
Lui semblent une étrange peinture
De rameaux tordus et osseux,
Sombre forêt, triste nature.

Dehors, dès la porte franchie
La froidure, déjà, l’embrasse
L’amante a les mèches blanchies
Mais l’appétit toujours vorace.

La nuit commence son approche,
Comme chaque soir, Honoré,
Cherche un lit Hôtel de la cloche,
Un abri sûr pour y sombrer.

Voilà sa vie parmi les hommes
Mais il persiste à s’acquitter,
Malgré l’exubérante somme,
Du loyer de la liberté.


(fin)


Photo Ange7, Séoul 2009
.


-*- Écoutez donc le nasillement d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Dîner en ville VIII

Metro Yellow Line

Enfin, pour l’heure rassasié,
Ayant repoussé l’échéance
Honoré peut s’extasier
Sur la folie de l’existence

Sur son chemin qui, sans égards,
Plonge et surgit,  montagnes russes,
mais dont le semblable départ,
Conduit au même terminus.

Alors vient l’heure de partir
Le havre n’a qu’un temps, hélas !
Et qui manque sait compatir ;
D’autres attendent : il faut faire place.

Au seuil, il regarde en arrière :
Dans la tiédeur du restaurant
Personne ne s’est découvert.
Le besoin rend indifférent.

(à suivre…)

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le miaulement d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Martel en tête

complètement martau

Notes pour plus tard :
Elle mettait dans ses mouvements, amples et précis, sinon de la grâce du moins une harmonie, un délié, qui donnait à toute l’action une rondeur assez bonhomme. Quand elle soulevait le maillet, le lourd marteau de bois bruni, elle retenait à moitié un profond râle de peine qui témoignait discrètement de la difficulté de la tâche. Puis, l’instrument lestement hissé, pointé vers le zénith, elle restait un court instant dans un équilibre précaire qui pouvait sembler, au promeneur ignorant, une position de prière, un rite ancien et païen. Cette seconde passée, entraîné par le propre poids de son épaisse tête, le pilon retombait pesamment dans la vasque de pierre. Il y écrasait avec fracas la préparation culinaire qui, sous le coup porté, toussait un peu de poussière. Ensuite, s’essuyant le front de sa large manche, elle réunissait son souffle et ses forces pour renouveler l’opération.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le ramdam d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Repartir

Le hara d'Alfaroubeira

Avec ses trois chevaux de cuir
Don Pedro reprenant la route
Malgré son grand âge et la goutte
Chercha pour s’y évanouir
Un abri qui sut le séduire

Le sublime original, d’Apollinaire, étant bien sûr :

Avec ses quatre dromadaires
Don Pedro d’Alfaroubeira
Courut le monde et l’admira
Il fit ce que je voudrais faire
Si j’avais quatre dromadaires

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le qu’en-dira-t-on d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

court éloge de l’aberrant

aberrance

Quel ennui d’être figurant,
Serré dans le même costume,
Obéissant à la coutume
D’un immobilisme frustrant !

La tradition est un tyran
Qui vole nos rêves de plumes,
Et les martèle sur l’enclume
À coups furieux et térébrants.

Tout est prévisible, flagrant,
Rien ne naît jamais de la brume
Ni ondine aux formes d’écume
Ni monstre au profil effarant.

On se console en soupirant,
Qu’ayant quitté ce lourd volume,
Nous attendent les joies posthumes
D’un dérèglement enivrant.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le pizzicato d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

La vie en ville

Peace & Love & Driving

Le lundi, c’est relâche.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc les onomatopées d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Attention : pain de mie, heu… pandémie !

Spider Cochon

Nouveaux audios :

* deux histoires de cochons *

Fangothérapie

La face cachée du porcinet

 

Illustration © Groening.

 

-*- Écoutez donc la nuisance sonore d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Bientôt les vacances…

Bonne Terasse par Charles Giubergia

quand c’est que
c’est l’été
l’eau salée
est assaillie
elle déborde
brusquement
de hordes
en furie
barbotant
dans le bruit

 

Photo Charles, Ramatuelle 2009 .


-*- Écoutez donc la mélopée d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Le gourmand

Nougat coréen

On dit souvent que Dimitri
Creusa sa tombe avec ses dents.
C’est tout à fait extravagant.
Disons plutôt que, des canines,
Il fut explorateur de mines
Aux mille et une sucreries.

Dans la souplesse des laitages
Il fora donc de longs tunnels,
Dans le nougat, le caramel,
Creusa sans fin des galeries,
Et au coeur des viennoiseries
Il s’aménagea des passages.

Il se bâtit tout un lacis
De délicieuses douceurs,
Gagnant toujours en profondeur.
Et au centre de la planète,
Qui est généreuse galette,
Il finit ses jours sans soucis.

 

Photo Ange7, Séoul 2009 .


 

-*- Écoutez donc le la d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Looking for Kenny

City Tower Construction Site

Kenny

J’avais ici, tout au début, quand j’étais tout frais débarqué, un ami prénommé Kenny, que j’ai depuis perdu de vue.
Kenny était salary man, employé parmi des milliers, d’un des conglomérats géants qui se partagent la nation. Ayant vécu à l’étranger, étudiant aux États-Unis, il parlait un anglais parfait et il avait surtout pour lui le recul que peut procurer d’avoir vécu à l’étranger. Kenny, lorsque je l’ai connu, occupait un petit bureau, situé au premier étage du bâtiment Daewoo Tower, face à la Gare de Séoul.
Intelligent et travailleur, il a bientôt creusé son trou, ou plutôt gravi son échelle. Car, quand il a été promu, il a changé de position… vers le haut ! Passant à l’étage au dessus, dans un bureau mieux agencé, toujours partagé cependant, avec des dizaines de gens. Au cours des mois, récompensé pour ses qualités indéniables, Kenny a gravi les degrés d’une irrésistible ascension. Et chaque fois la promotion lui ouvrait un nouvel espace situé plus haut dans la tour.
Cinquième étage puis neuvième… Bientôt installé au quinzième, Kenny profitait à présent d’un espace indépendant. Acharné et très efficace, il a continué ainsi à satisfaire ses patrons. Malheureusement, son travail ne lui permettait plus jamais de nous retrouver au sauna, ou de partager un repas.
J’ai appris quelques temps après, par un e-mail automatique, que Kenny prenait du galon. La signature du message mentionnait le “22F” donc le vingt et unième étage !Je n’ai pas répondu au mail et plusieurs mois se sont passés.
Un jour, pourtant, j’ai décidé de recontacter mon ami. J’avais de lui toute une pile de belles cartes de visite qui témoignaient à leur façon de sa carrière exceptionnelle. Aucun numéro indiqué ne le trouva au bout du fil, et l’e-mail, d’abord essayé, se révéla déconnecté.
Bien décidé à le revoir, je me rendis, un beau matin, au pied de la Daewoo Tower où je n’étais jamais entré. Là, je tâchai de l’obtenir des bureaux de la réception. Tout le monde fut très gentil et consacra beaucoup de temps à chercher monsieur Kenny Kim. Son nom de famille est commun et Kenny étant son surnom, il était en fait malaisé de le repérer tout d’abord. Mais la recherche pointilleuse, et bien sûr informatisée, ne négligea aucune piste.
Enfin tomba la vérité.Kenny avait démissionné, depuis déjà plusieurs années, alors qu’il travaillait encore, anonyme et sous estimé dans cet immense poulailler laborieux du premier étage. Puis il s’était, par frustration, inventé tout un personnage, attribué des promotions, imprimé de nouvelles cartes…
Il avait bien joué le jeu, jusqu’à espacer ses visites. Et comme un grand illusionniste, il finit par s’escamoter.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


 

-*- Écoutez donc le krack d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

De l’éducation

Schoolgirl

 

Tout est encore en construction,
Nos jeunes êtres sont esquisses,
Des monuments qui se bâtissent
En empilant de l’instruction.

Les architectes sont bons maîtres :
Ils nous tracent à main levée
Le chef d’oeuvre à parachever,
Mais libres sont les paramètres.

Ainsi chacun seul échafaude
Son édifice singulier
Chantier de son propre atelier
À sa mesure et à sa mode.

Photo ∑ma, Seokcho 2009 .


-*- Écoutez donc le  jazz d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

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I am a big fan of yours

i am a big fan of yours

Le lundi, c’est relâche.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc l’ inaudible d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Under The Red Sun

 

sous le soleil rouge

 

Nouvel audio :

Soleil rouge (prologue) (6:30 mn)

 

 

Illustration Ange7 2009.

 


-*- Écoutez donc le murmure d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

La correction

correction

Ce s’rait quand même moins compliqué
Si à chaque fois qu’on te parlait
Tu ne courais te réfugier
Dans des propos alambiqués

Si tu n’ cachais tes opinions
Dans d’ardues circonvolutions
Et si tu livrais sans façon
L’objet d’ta communication

Mais t’as mangé un dictionnaire
Tu étales ton vocabulaire
Et tu tournes tes phrases à l’envers
Comme un gaga de la grammaire

Alors faut pas nous en vouloir
Si après l’école le soir
En catharsis, en défouloir
On t’racle un peu sur le trottoir

C’est même un signe d’amitié

Et on n’a pas d’autre ambition

Que de corriger tes travers

Juré-craché, tu peux nous croire.

Illustration Ange7 2009 .


-*- Écoutez donc la lallation d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Les amants photogéniques

les amants

 

Il y avait, dans l’appartement, cent portraits des ces deux amants. Posant, heureux et souriants, toujours dans des cadres charmants. Stoïques au pied des monuments, en bateau, sur le pont avant, sur la plage, cheveux au vent, en gourmets dans les restaurants. On les voyait se baladant, tantôt figés, tantôt marchant. Et chaque cliché bon-enfant se voulait l’exemple flagrant d’un amour simple et évident. Oui, tout semblait si innocent… Qui aurait deviné, pourtant, derrière ce verni brillant, que rampait un secret troublant ? Aujourd’hui tout le monde ment, même les couples attachants.  Ici, constellant les murs blancs, sans qu’on le sache, les amants exhibaient vertueusement leurs conquêtes d’un court moment. Mais pour faire discrètement, et que nul ne soit au courant, le troisième tiers du trio, c’est lui qui prenait la photo !

 

Photo ∑ma, Corée 2009 .


-*- Écoutez donc le krash d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

La lézarde

déchirure

 

Elle est longue et elle est sévère
                                                                        ta déchirure
Elle te griffe sur l’avers
                                                       de la figure

On devine qu’elle sillonne
                                                                  en profondeur
Que ses lancinations rayonnent
                                                                               jusqu’à ton coeur

Trouverais-tu des mains capables
                                                                                de la fermer
Que sa rayure ineffaçable
                                                                demeurerait

 

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc la jonglerie d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Fleur sans tige, qui voltige

Papillon

 

C’est bien lui l’enfant du vent, plus preste qu’un pétale de printemps.
Comme constamment agité, ses escales se comptent en secondes.
C’est lui l’élégant féal des fleurs, plus chamarré qu’un pré d’été.
Comme diapré par bonheur de toutes les teintes qu’il frôle.
C’est aussi lui le condamné, plus désolé qu’un déclin d’automne.
Comme conscient d’être éphémère, il volette avec gravité.
C’est enfin lui l’escamoteur, plus rare que les rayons d’hiver.
Comme posé sur l’invisible, suspendu dans le vide, et bientôt disparu.

 

Photo Charles, Ramatuelle 2009 .


-*- Écoutez donc l’incantation d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Coucou hibou hibou coucou

coucou, hibou !

 

Le lundi, c’est relâche.

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc l’ hymne d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Battre la campagne


Maché à Aix-en-Provence

Nouveaux audios :

* deux histoire de légumes *

 

Les campagnards (version 1)

 

Les campagnards (version 2)

 

 

Photo DR, retouches Ange7.


-*- Écoutez donc le grêle d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

La dame de la librairie

en vitrine

Ma libraire est dame menue
qui n’eut pas toujours de chignon
elle fut jeune et on l’a vue
voletante sous les lampions

Elle a gardé de ce beau temps
des astres brillants aux prunelles
et la douceur qu’en souriant
elle répand tout autour d’elle

Dans une atmosphère languide
que viennent rarement troubler
des touristes en quête de guide
elle lit toute la journée

Ainsi elle est aventurière
mère fille sainte catin
souvent elle vit dans l’hier
qui lui semble un temps moins chagrin

Derrière les livres empilés
comme les tours d’un château fort
elle rêve d’être enlevée
par un paladin au coeur d’or

Mais qu’un héros pouvant lui plaire
veuille  à la vitrine gratter
aussitôt revenue libraire
elle le rabroue sans pitié

Elle fuit la réalité
Car c’est le rêve son amour
c’est en songe qu’elle veut aimer
en fiction qu’on l’aime en retour

Dans ses romans vivre est poignant
les sentiments sont exaltés
chaque événement bouleversant
tout est entier rien n’est gâté

Un chignon et des verres épais
La dame de la librairie
a pour les histoires inventées
une passion infinie.

 

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc les fioritures d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

oh ! en couleurs

Rainbow Man

Version 1 :

 Aperçu
dans la rue
un maçon d’arc-en-ciel

Version 2 :

 Le marchand
d’arcs-en-ciel
fait flèche de tout bois

 

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le ensorcelant d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

Persévérance

Calligraphes

En silence !, ordonne le maître. Appliquez-vous avec lenteur et restez concentrés surtout. L’inlassable répétition fait l’art parfait, martèle-t-il. Dix ans plus tard, nous terminons, enfin, la première leçon : c’est une ligne horizontale. Le maître semble satisfait : demain nous tracerons deux traits.

 

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le drelin-drelin d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-

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Allez en biais, mon fils.

un gros penchant

Notes pour plus tard :
Père, je ne m’en cache pas, j’ai un penchant très prononcé pour tout ce qui touche au péché. La chair surtout, c’est vrai, m’attire, et je vais chercher mon plaisir, toujours en des bras étrangers. Pour cueillir ces faveurs chéries, je poursuis ainsi, sans relâche, les plus charmantes des candeurs, et chauffe ma peau à la leur. Parfois, si la chance rechigne, que mes charmes sont sans effets, je me tourne vers les cafés où vient chahuter la jeunesse. L’ivresse est mon terrain de chasse, j’y traque la mélancolie, la solitude ou le dépit, toute faiblesse à résister. Et quand j’approche de ma proie, la mécanique mise en marche, il est rare, sans chicaner, que je m’endorme seul chez moi.
Voilà, Père, la vérité de ma charnelle inclinaison. Si elle m’interdit à jamais l’entrée du chaste Paradis, je me console de mon choix par les chères joies, qu’ici-bas, elle me procure chaque jour.

 

Photo Ange7, Séoul 2009 .


-*- Écoutez donc le crissant d’un article au hasard du journal de 5h12 -*-